Voyage en Mongolie
Juin 08, en Guadeloupe : Pendant que nous démontions mon Aircam que j’avais amené en vol depuis le Chili et le mettre en caisse vers le Kenya; Daniel, vieux routard devant l’éternel et moi, projetions les modifications à faire sur son ULM pour un vol des Caraïbes jusqu’en France via le Groenland.
Dans la conversation, il me fait part de son vieux projet de ramener une Yourte, donc d’aller par la route de Paris vers la Mongolie. Eh, il y a une place pour moi ?? Bien sûre !!! Nous étions déjà partis...
19/04/09 - Derniers préparatifs
20/04/09 - Paris - Slovénie
21/04/09 - Budapest
22/04/09 - Entrée en Russie
23/04/09 - Direction Kiev
24/04/09 - En route pour la Russie
25/04/09 - Belgograd
26/04/09 - Campagne de Russie...
27/04/09 - Direction Samara
28/04/09 - Panne à Chelybinsk
29/04/09 - Nuit dans le Transsibérien
30/04/09 - Zavotoukovsk
01/05/09 - Un Hélico pour Irskutsk
02/05/09 - De Novosibirsk vers Irskutsk
03/05/09 - Tayshet
04/05/09 - Enfin à Irskutsk
05/05/09 - Visas pour la Mongolie
06/05/09 - Notre 1ère Yourte
07/05/09 - 11.941 km... Direction Ulan-Bator
Du 08 au 21 mai - 350 kms à cheval...
du 22 au 26 mai - Déserts de Gobi et de l'Altaï...
Nous voici à Ulan Bator, ça fait drôle... Du 11 au 21, nous serons à cheval et sans ordinateur !!! Du 22 au 31, dans l'Altaï et le désert de Gobi, donc difficile à joindre.
Désolé du style chaotique, pas facile d'écrire en voiture, en plus c'est du premier jus non relu, désolé pour les fautes non corrigées. Tout cela sera corrigé à notre retour...
Une sélection de nos photos est disponible ici : http://air-adventures.fr/mongolie-photos.html. Et puis, une petite carte peut aussi être utilise...
Ça y est ce matin le 19 Avril 09, 06H00, je suis debout à Paris chez Max, Daniel vient me chercher à 7H00 avec la Chrysler Voyager de 1994... Je l’appelle, panne de réveil, trop de travail de préparation la veille ! En chemin vers Genneteil,( eh non ce n’est pas en Mongolie, mais dans le Maine-et-Loire !!) On s’arrête à St-Germain en Laye pour prendre nos compagnons de route, Benoît infographiste et Thomas historien et Musicien, tous deux passionnés d’escalade.
Top départ. Kilométrage voiture 430.278 km ! Eh oui avec c'est au moins son 4° moteur et le meilleur !!! Quelques courses et vers 13H00 plats de Spaghetti à la ferme où Daniel vécu son enfance. Maintenant c’est Dominique qui y habite, il est adorable, chez lui, c’est chez nous.
C’est là que se trouve remorque, pièces détachées, matos... Je me plante devant l’ordinateur afin de commencer le périple, mon administratif à jour, pendant que Daniel, Thomas et Benoît chargent la remorque et préparent la voiture sous la pluie.
Sieste pour Thomas et Benoît pendant que Daniel et moi partons chez sa nièce pour une lessive et envoyons mes mails. Nous cherchons un resto ouvert ce dimanche soir et Maggy, la nièce de Daniel, nous propose un BBQ chez elle.
Retour à la ferme pour récupérer nos compères et finir les dernières touches, tirer sur des boîtes de conserve à la 22, c’est Thomas le meilleur à ce jeu puis faire quelques exercices physiques pendu à la charpente douteuse de la grange.
Soirée tardive fort agréable en compagnie de Maggy, Isa sa fille et Christophe son ami... Ils sont vraiment charmants avec un sens de l’hospitalité qui fait du bien. Sur la route, nous avons la chance d’admirer 6 chevreuils superbes et quantité de Faisant rescapés de la chasse. Nous campons dans la ferme, loin de ronflements tonitruants de Daniel. Seul Moustique l’adorable chien de la ferme est heureux de dormir avec lui...
20 Avril 09, réveil moins matinal que prévu, petit-déjeuner, dehors brouillard à couper au couteau, photo de départ, 430.629 km au compteur, pièces détachées dans la remorque et espace confortable à l’intérieur... C’est parti !!! Nous commençons par prendre la mauvaise autoroute, plein de 52 litres de Diesel, direction ??? Bon, on décide par l’Italie, Slovénie, Hongrie... C’est parti pour Milan...
Petite pause mauvaise bouffe après Clermont Ferant, je prends le volant. Coup de téléphone à Thierry qui travaille sur l’Autoroute aujourd’hui, on se retrouve pour un café à Lyon Sud, ce fut bon de le revoir au début de ce voyage, voilà un homme qui réconcilie police et usagers. Passage en Italie par le tunnel de Fréjus, stop sandwich café et décidons de faire un roulement au volant afin d’avancer toute la nuit ce qui ravit the big boss Daniel. Turin, Milan, Vérone. Moi qui ne suis pas un fana du volant, je ne sais pas ce qui m’a pris, je l’ai gardé jusqu’à Venise pendant 12H00 inclus arrêts, pluie et couché du soleil ! Voir Venise et mourir… Eh bien nous ne sommes pas morts, passer si près sans s’arrêter !! Lasagne douteuse et nous voilà piloté par Benoît, Thomas Navigateur, Daniel écroulé sur la banquette arrière et moi avachis à même le plancher. À 4H45 Benoît s’arrête, nous sommes en Slovénie, c’est d’ici que sont prélevés les ours afin de repeupler les Pyrénées.
21 Avril 09, 7H00 petit-déjeuner pantagruélique, derniers payements en Euros, 432.337 km au compteur et c’est repartis. Galère à Maribor pour trouver la route A5 de Budapest, c’est marrant, on se croirait dans le Jura. Entrée en Hongrie sans même s’en rendre compte. Nous découvrons le bord du lac Balaton et arrivons dans Budapest. Heureusement, il y a de la circulation, ce qui nous permet d’admirer un peu la ville, dommage que nous n’ayons pas le temps de s’y arrêter. Thomas au volant, demande la route de « Nyiregybaza », allez, on répète ensemble et à toute vitesse « Nyiregybaza »… Bon, ça ne marche pas alors Daniel sort son ardoise magique, un chauffeur de taxi à côté de nous, tape vite sur son GPS et nous indique la route par geste, plutôt sympa les gens ici !!! C’est finalement à la position du soleil que nous nous dirigeons droit sur la bonne route sans faire un seul demi-tour !!
Les ponts qui enjambent la Duna nous offrent des vues superbes sur la ville, promis, j’y retournerai ! Nous sommes tous surpris de la qualité exemplaire des autoroutes gratuites et infrastructure ici. Nous trouvons un hôtel sympa avec parking gardé et Wi Fi à Nyiregybaza et 2 chambres disponibles, une pour Daniel et ses ronflements inhumains et nous 3 à l’autre bout du couloir... Mi à la course et à la marche pour attendre Daniel nous nous dirigeons vers un resto indiqué par notre aubergiste. Nous découvrons notre première Tarpan et savourons un bon dîner au son d’un pianiste en live. Nuit fabuleuse dans un vrai lit, grâce mat, réveil 8H30, petit-déjeuner cool, un peu de travail sur le net et nous voici tous frais comme des gardons à bord du Voyager piaffant d’impatience...
Le 22 Avril, 433.137 km au compteur et la caisse des comptes avec un gros trou dedans, le tunnel de Fréjus et les autoroutes italiennes ont donné une méchante claque à notre budget !! Il faut prendre la route de « Vàsàrosnamény », alors on répète à toute vitesse les yeux fermés… Non ? Bon, on ressort l’ardoise, j’interpelle un couple, Thomas filme la scène ; les Hongrois sont d’un abord sympathique et se mettent en mille pour expliquer et finir par dessiner sur l’ardoise la route à suivre. Passage épique de la frontière, la remorque, les pièces détachées. Vous allez où ? En Mongolie ! Regards incrédules… 2 douaniers parlent français, ce qui facilite les choses. Un autre douanier fouille la voiture et n’arrête pas de reluquer les jumelles de Daniel qu’il finit par me demander poliment en cadeau, niet, ! En 1H30 nous revoici sur la route... Ça ne va pas être de la tarte à la frontière Russe !!!
Dès le passage de frontière, c’est net ; il y a moins d’infrastructure et d’argent dans le pays. Pas mal de Lada, une Traban break, des carrioles à cheval, beaucoup d’agriculture, des champs labourés au mono tracteur, de belles forêts, des nits de poules sur la route, une conduite plus « fanjo », les panneaux indicateurs écrits en cyrillique et plus personne ne parle anglais, wouah, ce n’est plus la même limonade. Petit arrêt déjeuné, dans une auberge sympa sur la route de « Mukaceve », nous ne comprenons rien au menu et prenons au hasard total des plats ou finalement le poison prédomine, heureusement que Thomas connaît 3 mots de Russe. Il est déjà tard et nous voici sur la route de « l’Viv » longeant la belle rivière Latarytsia au sein du massif du Zakarpatd’k ; ce coup-ci on se croirait dans les Cévennes !
Depuis ce matin, Daniel est au volant, Benoît filme, derrière Thomas apprend l’alphabet cyrillique, j’en profite pour attraper quelque bribe au passage. Jolie route, mais assez défoncée avec peu de panneaux de signalisation ; beaucoup de personnes aux champs labourés par des chevaux de trais. Une voiture de police garée sur le bas-côté nous arrête ! Nous comprenons qu’ils veulent les documents du véhicule ! C’est apparemment un sport national, nous sommes passibles d’une amende pour excès de vitesse, 108 au lieu de 60 km… Indiqué par quoi ??? La procédure d’après la maréchaussée serait qu’ils gardent les papiers de la voiture, pendant que nous allons à une banque afin de retirer l’équivalent de 150 euros pour l’infraction.. On se fait sûrement avoir… L’un d’eux, bien sûr tout en langue Russe, me fait comprendre qu’avec 50 euros tout serait réglé ! Ah, on se la joue à l’Africaine alors je négocie à coup stylo bic sur la paume de la main, on tombe d'accord sur 40, je sais que nous aurions pu faire bien mieux, mais dans une langue et des moeurs inconnues, ce n’est pas pratique.
Daniel n’est pas décidé à lâcher le pilotage, notre position est entre « L’viv » et « Rivne », la performance de la journée n’est pas bonne ; il se fait tard et nous finissons par trouver un Motel à côté d’une usine désaffectée. Dès que nous sommes arrêtés sur le parking qui semble gardé, un bougre nous tombe dessus en parlant très vite. On devine que c’est pour la redevance stationnement. Nous lui faisons signe, « Attend pépère », on ne sait même pas si on reste et avec Thomas, pas moyen de trouver l’entrée de la réception. Finalement une entrée normale après avoir essayé ce qui semblait un appartement privé. Dans le sas, une blonde, bas résilles, minijupe moulée, talon aiguille... Puis le baptême du feu avec Thomas ! Eh oui, allez demander 2 chambres, une pour 3 une pour 1, le prix, s’il est possible de manger et de payer en Euros... La responsable semblait intriguée par la réparation des chambres, sur ce, j’imite les ronflements de Daniel, ça la rassure. Nous finissons par descendre ; moults coups de fils, nous tombons en accords, on restera ici ce soir, nous nous débrouillerons avec les chambres. Je reçois un SMS de Daniel qui, dehors avec Thomas, se demandent bien où nous sommes.
Pendant que nous déchargeons la voiture, nous remarquons le manège de la « blonde » ! Pigé, nous sommes sur un parking routier, plus l’heure avance, plus de semis se garent et la tête blonde sur ses talons aiguilles, passe de cabine en cabine !!! Pas marrant comme vie, dans un bled perdu, froid, vide, triste ; passer les nuits dehors à tailler pas que la bavette aux routiers de passage !! Nous prenons le Matelas d’un des lits de la chambre de Daniel. Dans l’autre, Thomas et Benoît partageront le lit double et moi sur le matelas à même le sol. La propreté est plus que douteuse, nous dormirons tous dans nos sacs de couchage. Nous faisons un peu de yoga afin de se détordre le dos. La tenancière nous appelle, le repas est prêt, pas trop mal, un peu froid. Elle semble pressée de nous voir finir, pourtant, il n’est pas si tard et impossible de négocier un petit dej avant 8H00 !! La blonde continue son manège et vient de temps en temps payer la « redevance » à la patronne et au gardien du parking, c’est glauque à souhait ! nous finissons par nous écrouler au son des vas et viens incessant des camions… Je suis réveillé par une lueur rougeâtre, par la fenêtre, le soleil se lève, un coup d’œil à la montre.. 5H25, il fait déjà jour, je sens qu’il y a un truc qui cloche… Dire qu’il nous faudra attendre 8H00 pour une boisson chaude.
23/04/09 8H05, nous sommes tous en bas, l’aubergiste nous jette un regard agacé et quand je lui montre l’heure de nos montres, elle éclate de rire… Nous avons changé de fuseau horaire !! Donc aujourd’hui, comme hier, nous partirons tard… 433.595 km au compteur, une tache sous la voiture ! Du liquide de refroidissement. Il faudra garder un œil sur la température. Je prends le volant direction Kiev, les routes sont de plus en plus défoncées, mais beaucoup de travaux en cours sur les voies. Nous sommes en pleine zone agricole où tout se fait à la main et à cheval. Les églises sont belles, les cimetières très fleuris, au moins ici, le défunt n’est pas oublié ! arrêt achat de pomme et poire sur un étalage au bord de la route tenue par une vieille paysanne et Pique nique sur un parking bourré d’ordures. Benoît prend le volant, il reste moins de 200 km jusqu’à Kiev...
À l’approche de la capitale, les routes s’améliorent, les voitures plus modernes. Je téléphone à J.Luc, un ami d’Arnaud que j’ai rencontré à Paris la semaine dernière, il vit à Kiev. Nous sommes happés par la circulation dense en pleine heure de pointe. Trouver une connexion internet, se garer avec la remorque fut un travail bien mené en maître par Thomas qui arrive maintenant à lire de cyrillique, chapeau !! À la poste, section internet tenue par un jeune homme aussi sympa qu’un tenancier de prison, tous les postes sont pris. Le maître des lieux est encore moins avenant. Heureusement, un Congolais naturalisé ukrainien nous aborde en Français et nous propose son aide. Il est adorable, nous dépatouille la connexion, il est heureux de parle du pays, il n’y est pas retourné depuis 19 ans.
J.Luc adorable à lâcher ses rendez-vous s’est jeté dans la circulation afin de nous trouver… Un large sourire nous aborde, c’est sûr, J.Luc I présume ?? Right ! Bon feeling immédiat, Arnaud avait raison. Il a un dîner d’affaires, sa voiture est garée dans l’autre sens ! Il embarque dans le Voyager ; « allons boire un verre en vous mettant sur la route vers la Russie ». Il se met en retard, devra rentrer en Taxi et nous rend une fière chandelle en nous évitant une belle galère pour sortir de la ville. Nous passons un super moment ensemble, pas assez long, c’est sûr, on va se revoir. Il nous quitte, dîner pizza aidé par un jeune Ukrainien qui maîtrise pas mal la langue de Shakespeare. Avec Thomas et Benoît, ils parlent des jolies filles d’Ukraine… Il est tard, suivons les instructions laissées par J.Luc et sortons de Kiev sans problème jusqu’à un Motel bien sympa et moins glauque que celui d’hier. Là, Thomas excelle, en 2 temps 3 mouvements, l’affaire est réglée. Nous en profitons du dos tourné de la responsable des lieux, une matrone qui ne donne pas envie d’argumenter, pour faire le manège des matelas et laisser Daniel seul avec ses tremblements de terre ! Nous descendons pour déguster une bonne bière locale, douche et dodo, on se la joue assez luxe jusque-là !!
Ce matin du 24 Avril 09. 8H00, départ, 434.190 km au compteur, Daniel au volant. Nous sommes sur l’autoroute avec un grand A d’Ukraine, stop bien sympa pour un petit dej. Commander thé café, lait, on y arrive sans problème, mais les tartines beurrées avec de la confiture, c’est une autre histoire… On se retrouve avec une tranche de pain, surmonté d’une charcuterie couverte d’un fondant de fromage, une serveuse au décolleté fulgurant à chaque fois qu’elle se penche devant Daniel qui en avale sa salive bruyamment Fin rapide de la 4 voies, l’Ukraine paysanne est bien là, ce serait super de prendre le temps de faire des portraits vraiment typiques... Commence une galère marrante pour trouver un poste à essence et la bonne route vers Velyka où nous passerons la frontière russe. Nous découvrons un peu du profondément rural, un buste de Staline, des visages de bons paysans usés par le travail manuel, le froid des hivers et la Vodka. Le paysage est beau, voler ici doit être pas mal, l’envie d’un voyage en ULM vers la Mongolie se confirme, ce qui ne déplaît pas à Daniel ! Journée tranquille de route pas toujours en bon état, des champs de blé gigantesque, fini la verdure des arbres, c’est encore l’hiver ici, 7°C
Repas à Ochtyrka, dans un restaurant tenu par une élégante Ukrainienne. Nous demandons notre route, un militaire prend sa voiture pour nous mettre dans la bonne direction… 17H40, un portique après un virage ? Le poste frontière ! À ce moment commence le tralala des terroristes administratif ! Fouille polie des sacs. Thomas fait chauffer les pages du lexique ; les douaniers regardent incrédule dans la remorque la boîte de vitesse, le train avant, les transmissions, la culasse avec turbo, les sacs que l’on ramène en Mongolie pour Ania et ses dessous brodés !! s’il nous pose des questions, faudra se faire passer pour des dragues Queens !! Longue attente, un homme en uniforme clinquant à la grosse casquette m’appelle et me fait comprendre qu’avec un peu d’Euros il nous laisse passer !! Sur ce je réponds d’un air niais en lui faisait aussi comprendre que nous n’avons aucun problème. Re attente, c’est Thomas et Daniel ce coup-ci qui sont appelés ; des documents intégralement en cyrillique à remplir, les officiels s’en serviront finalement pour marquer des montants en Euros « Vous avez fait des excès de vitesse, mais avec un peu de billets pas de problème… » Même air niais !!! La file grandit derrière nous, ils doivent se dire qu’il n’y a rien à faire avec nous…Tampons, passez !! Nous voici arrêtés maintenant devant la ligne Russie !! Cela fait 1H15 déjà que nous sommes là, une ambiance joviale dans le Chrysler ! Dehors, le vent froid est assez mordant. Nous avons du mal à croire que nous sommes à un mètre de la Russie… Garé sur le côté, papelard à remplir, Daniel un peu nerveux sachant son assurance pas valide en Russie, son plan est d’en prendre une à la première ville. Une horloge au mur tient, nous avons passé notre 2° fuseau horaire.
Déchargement voiture quasi complet, ouverture remorque « Mais pourquoi toutes ces pièces d’occasion ?? » Nous venons de Paris, en chemin vers la Mongolie ! Les gros yeux ronds sont l’évidence de sa surprise. Fouille respectueuse de nos affaires et de la voiture. Un douanier russe nous dit faire la collection de pièces et billet de 5 euros… Hi hi, nous aussi on aimerait bien collectionner des Euros ! Nos passeports et la carte grise passent de main en main, le mien est retenu. Un officiel le tourne et le retourne, le passe et le repasse aux UV !!, me demande une signature sur un bout de papier et fini par me dire que la signature sur le passeport n’est pas la mienne !!?? Je demande à voir., Il était sur la mauvaise page !
Tampons, une 1H00 passée, quelqu’un nous fait signe de fermer la remorque et nous interprétons son signe de la main comme « Allez-y » ! Une autre barrière, une très jolie responsable d’immigration nous dit un truc, voyant que nous ne comprenons rien, elle nous lâche un sourire à faire tourner le sang, prend un combiné de téléphone datant au moins la dernière guerre, ouvre la barrière de son regard amusé... Nous voici en Russie… On s’attendait à pire, un gros YEEEEEHAAA retentit dans la voiture, Daniel aurait presque la larme à l’œil en disant qu’il va finir par s’attacher à cette voiture et moi de lui répondre qu’il serait temps au bout de 434.000 km, le tout filmé par Thomas ! Dans le rétroviseur, une voiture plein phare s’approche à vive allure, nous double et pile devant nous … !?!? Mais que... ??
Nous reconnaissons le douanier amateur de collections qui sort comme une furie de sa voiture en gesticulant et aboyant quelque chose apparemment de pas très sympathique. Nous le regardons, tous avec ce même air niai qui devient tout à fait naturel maintenant. Il nous fait une mimique très grossière style « Je vous en...le » et nous somme de le suivre…traquenard, pas traquenard ? Non, il reprend le volant, ils sont deux dans la voiture qui fait demi-tour, nous aurions facilement pu nous échapper s'il était de mauvaise intention, il n’aurait pas fait cette manœuvre ; nous le suivons...Mais bon sang qu'avons-nous fait ou pas fait ? Daniel se fait du souci, Benoît se tend un peu, il n’aime pas les uniformes. Retour case départ au poste douanier, tous l’air encore plus niais que le naturel... Ah, c’était pour le passage de la voiture, hic, l’assurance !! Un jeune douanier parlant un peu anglais est appelé… Premier mot de sa bouche.. « No problem » , il a l’air cool. Nous dit que notre assurance n’est pas valide ici, nous pourrons la prendre ici même, qu’une femme arrive afin de régler cela et nous parlons de la Russie… Effectivement, une jolie silhouette, oui une autre, ouvre une porte. Notre jeune douanier nous fait passer devant les personnes qui attendent leur tour en nous traitant comme des hôtes de marque. La responsable des assurances est vraiment charmante. Au moment de payer, nous sortons les cartes visa et le douanier de nous dire avec un œil amusé « Le progrès s’arrête ici ». Nous payons en Euros. Nous le suivons dans un autre bureau où nous retrouvons le « collectionneur » calmé. La responsable des lieux nous somme d’attendre dans la voiture, sauf Daniel. Je demande à rester afin de l’aider en l’Anglais, accordé. Là, commence un autre marathon remplissage papelards, notre jeune douanier me fait comprendre à quel point il est désolé de toutes ces lourdeurs administratives. 45 minutes plus tard, enfin tout est bouclé, le froid de la nuit est mordant ! À mi-chemin entre le bureau et la voiture, quelqu’un nous rattrape, sur le perron, le collectionneur nous montre du doigt la remorque !!! Nous n'en finirons jamais !!! « Re dissertation » de la catégorie permise sans carte grise en France, re-documents à remplir, re 20 minutes. Le jeune douanier, en nous raccompagnant à la voiture, nous offre un petit cadeau : une chemise pour nos documents, il est vraiment adorable. Dans le Chrysler Benoît et Thomas délirent avec la caméra vidéo, il est 23H15 !!
Nous repassons la barrière avec toujours la même jolie douanière et nous re voici enfin en Russie en se rendant vite compte qu’il faudra parcourir les 85 Km jusqu'à Belgorad. Daniel parle de leur retour sans moi. Marina qui avait demandé à se joindre à nous pour l’aller fera le retour, elle prend sa décision en 5 minutes via SMS.
Nous y arrivons à minuit quinze, toutes les lumières publiques s’éteignent d’un coup... Trouver un hôtel semble difficile. Nous arrivons au centre, un taxi nous indique ce que nous cherchons. L’endroit semble chic.. 120Usd par chambre, nous cherchons ailleurs... Réceptionniste vraiment charmante et parlant anglais... 80 Euros par chambre, oups !! Elle nous indique un autre endroit… Autre réceptionniste absolument adorable, 75 euros la chambre ; elle se met en mille pour nous indiquer une autre possibilité, on se perd, il est 1H30 du matin, faim et fatigue se font sentir. Arrêt dans une station-service afin de se faire aiguiller… Re charmant sourire, re-hôtel trop cher, re superbe et adorable réceptionniste, il est tard dans la nuit. D’autres employés de l’hôtel viennent essayer de nous aider. Fin de service pour quelque d’entre eux qui nous trouvent une maison d’hôte et demande de les suivre en voiture, vraiment adorables !! Arrivée à destination, une dame sort en colère, en fait nous ne sommes pas dans un endroit pour étrangers. Tant pis on paiera le prix, il est 2H00 du mat. Les personnes de l’hôtel téléphonent et nous raccompagnent à l’hôtel en nous ayant négocié moitié prix, il me semble avoir mal compris, Thomas me dit que non, il avait raison ! Un employé nous voyant fatigués nous prépare un thé avec des biscuits, ils sont vraiment tops ici !! Nous n’avons pas de roubles et l’hôtel ne prend pas la visa. Je propose de laisser mon passeport, demain, plutôt, tout à l’heure, on ira retirer des sous... Ok, pas de problème. Manège matelas contre les ronflements de Daniel et "écroulage" bien mérité.
09H30 le 25/04/09, sonnerie SMS, c’est Daniel « Qu’est-ce qu’on branle ? » Nouvelle réceptionniste tout aussi jolie et souriante jusqu'à négocier pour nous le prix du parking. Chargement voiture, retirer des roubles dans de grands super marchés. Ici toute la jante féminine est très soignée, élégante, souriante comme dirait Thomas, jusque-là, plus nous allons vers l’Est, plus les gens sont gentils, les filles jolies et les températures en baisse.. 434.750 km au compteur, sortie de Belgorad vers Vorodezh, bien mené, Daniel au volant. Arrêt "refueling", caissière, encore, adorable qui choisit les meilleurs ingrédients pour nos quelques courses, vient avec son fils faire une photo de famille prés du Voyager, nous donne une coupure de journal avec la photo de sa famille dessus. Vraiment attachant les gens dans ce coin !Incrédule, dans la station-service, nous trouvons des essuies glaces s’adaptant sur le Chrysler, tout de même, un riselant sera nécessaire. Thomas prend le volant, Benoît navigue et j’écris ce récit. Passage de l’énorme rivière Don. On se perd un peu, Benoît prend le volant, Thomas excelle dans la langue du Tsar. On se reperd, pas facile de suivre les indications ! Une autre personne se propose de la suivre en voiture pour nous remettre sur la route !!!!
Longue route droite, encore et encore de gigantesques champs de blé, des plaques de neige çà et là. C’est maintenant Benoît aux commandes ; 20H30, arrivée à notre but de la journée, Tambov. Nous sommes arrêtés à un contrôle police, nous profitons pour demander un hôtel afin d’éviter la galère d’hier…. Re ardoises et tralala, bien sûr nous tournons et retournons avec 50.000 différentes indications. Nous décidons de demander à un taxi la direction d’un logement dans nos moyens et de le suivre. Bien sûr il nous guide vers encore un truc hors budget !! Et c’est reparti, de fil en aiguille, nous finissons par trouver un toit nous acceptant à 4 dans une chambre avec nos duvets. Le Wi-fi marche du tonnerre, puis heureusement, le resto est ouvert toute la nuit, car après plus de 3H30 de galère-hôtel, nous en avons marre et « crevons la dalle ». En fait, le système imposé pendant 74 ans est encore bien présent. Il y a des hôtels autorisés pour touristes, minimum de 50 euros par chambre et les autres !! Nous n’avons pas encore croisé de Motel et sûre, vu l’air intrigué des gens qui regardent notre voiture, il n’y a pas foule d’étrangers venant par leurs propres moyens. Pourtant, la Russie se prêterait bien au « Touring ».
Bonne bière et repas. Il est 2H00 du mat, dodo... Daniel ne ronflera pas trop, ouf !! 8H00, ce 26 04 09, Thomas essaye de voir avec la réceptionniste, bien sûr adorable et parlant un peu l’anglais, de réserver un hôtel abordable afin d’éviter le cauchemar ce soir encore... Zut, même au bout du fil, c’est toujours la même galère… Conciliabule… On roulera non-stop pendant 48H00 en installant au mieux 2 « couchettes » dans le voyager, ou bien se garer derrière une haie de boulot en pleine pampa et camper !
Gros petit dej, Internet, envois des photos du voyage et départ, il est 11H00 le 26 avril et 435.300 km au compteur.
Pour sortir de la ville nous tournons en rond pendant 1H00 et nous voici sur la route, Daniel au volant, une caméra, un policier nous arrête, nous devinons, encore un excès de vitesse... Avant qu’il ait le temps de demander les « Machine documents », je sors l’ardoise magique, l’air encore plus niais que le meilleur de mon naturel en demandant la route de Pienza « Blablablabla en russe qui clairement expliquait l’infraction !! », «Da da, nous allons à Pienza ! »... L’air agacé il nous fait signe de passer !! Il va falloir retenter le coup la prochaine fois, hihihi !
Je prends le volant, bonne route bordée de boulot, beau paysage, champs de blé à perte de vue, dommage qu’il y ait tant d’immondices tout le long, ça balance par la fenêtre facilement dans le coin !! Arrêt photo, plaques de neiges de plus en plus fréquentes ; autre arrêt police, d’emblé je demande, si nous sommes sur la bonne route ! Ça ne marche pas ce coup-ci.. « Machine documents" , re-air totalement benêt maintenant, re-air agacé, passez !!
Espoir, nous croisons 2 motels, avec du bol nous dormirons dans un lit !! À un croisement de routes, haut monument marteau faucille, stop resto, chien errant adorable, commande épique du repas à coup d’imitation de poulet, porc, vache, nous tombons tous d’accord sur des saucisses, on aura des brochettes et un paquet de biscuits comme dessert. Photos de famille devant l’emblème de l’ex-URSS, Daniel au volant, entré à Pienza, encore stop police « Machine documents » et mon air, maintenant tout à fait style attardé mental, rire de l’homme en uniforme, allez-y...
Nous sommes sur la route M5 bordée de boulot et les éternels champs de blé. Ça roule assez fort, nous croisons d’autres motels, espoir de passer une bonne nuit si administrativement un nous accepte. 20H30, un autre insigne au milieu de rien, nous nous arrêtons. Sans paperasse, tampons, questions, nous avons une chambre de 4, nous n’y croyons pas !! L’endroit est propre, rustique, toilette, douche sur le palier, pourtant c’est celui qui nous procure le plus de joie de tous jusque-là et ça sent bon la cuisine. Nous déposons nos sacs et direction le réfectoire, bière et bon repas à base de soupe, Thomas se débrouille de mieux en mieux afin de communiquer. Cette nuit, Daniel ne nous réveille que 2 fois avec sa gamme très variée de ses ronflements.
27 Avril 09, petit-déj. 07H30, douche. Thomas et Benoît vont voir les véhicules accidentés entreposés ici... Effectivement, quand ça cogne, ça cogne dur, il y a même un autobus plat comme une crêpe ! Départ 435.822 km au compteur, Daniel au volant, direction Samara.
Tout au long du Trajet il y a des stèles par ci, des couronnes mortuaires par là... Cette route tue beaucoup ! Pour nous, pourvu que ça dure, c’est sans problème, un seul arrêt par la police ce matin. Nous avons eu chaud, c’était au moment ou je prenais une photo en traversant un barrage titanesque sur la tout aussi gigantesque rivière Volga ! Non, c’était juste pour un contrôle des papiers, notre voiture intrigue. Arrivée sur Samara, très dur de suivre des indications, on se perd en traversant toute la ville immense. Arrêt à une station-service ; très aimablement, un plan est dessiné... Nous devons retraverser toute la ville. Au passage, j’essaie de récupérer un Wifi non verrouillé, mais sans succès. Nous avons perdu pas mal de temps et nous voici « on the road again » des gargouillis aux ventres !
Une gargotte, choix du menu au hasard comme d’hab. Dehors, de plus en plus de plaque de neige. Et c’est repartis. Le terrain monte, la neige se fait très présente, il fait froid ; dommage que le bord des routes soit si sale. Un seul arrêt par les policiers toujours très présent, plein de Diesel, équivalent à 0.33 Euros le litre. Les lacs sont encore gelés, pas mal de gens creusent un trou dans la glace et pêchent. Dans les grandes plaines avant la chaîne des monts de l’Yuzhnyy Ural, beaucoup des équivalent des tours de forage mais pour l’extraction du gaz ; l’odeur du soufre est partout, le froid de plus en plus mordant.
Maintenant les pins sont mélangés aux bouleaux, les champs de blés rapetissent, la nuit tombe, nous décidons de rouler jusqu’à 20H30, nous avons bon espoir de dormir dans un lit, beaucoup de Motels en chemin, la conduite est folklorique sauf aux points stratégiques, que l’on devine maintenant, où les « Chmidt » comme dirait Benoît, sont susceptibles de se planquer. Un portique sur la route, des « Keuf » en pagaille, des échoppes ; C’est la frontière de l’état du Bachkortostan qui en 2007 fêta son 450° anniversaire du rattachement de cette république à la Russie, en l’an 1557.
Nous nous arrêtons pour la nuit, le coin à l’air sympa. Notre Thomas national, dans la langue du Tsar demande 2 chambres, pas même un passeport demandé ni de trimbalage matelas à faire, ce sont des piaules de 3 lits !Au moment ou nous nous dirigeons vers le réfectoire, une cerbère, qui contrairement à l’accoutumé, n’est pas sympa et demande en beuglant presque « Adminitratione ! ».. Zut, pas envie de refaire tout le tralala tsouintsouin diplomatique pour un lit et je vous jure que 4 airs totalement débile vous fixant d’un regard de vau, et bien ça décourage…Le cerbère tourne les talons d’un air exaspéré et nous voici autour d’une bonne table sous le volume du téléviseur à donfe !!. The big boss Daniel est satisfait de l’avalage de Km aujourd’hui. « Les enfants, il est 22H00, on se couche tôt et demain à 5H00 debout, sur la route à 6H00 » ?? Je regarde l’horloge du restaurant !! Minuit ?!?! Je me lève, montre ma tocante à la serveuse qui me regarde d’un œil incrédule et me fait signe de regarder la sienne !!! « Dis donc les cocos, en deux jours nous avons pris 2 fuseaux horaires ! » , éclats de rire !! « OK, demain départ 7H00 » Daniel s’en va prendre la position parallèle au plafond. Thomas et Benoît entreprennent une lessive et moi de me frotter la couane et ma paire de chaussette. À l’extinction des feux, Benoît reluque sur mon oreiller imprimé d’une grande fleure de pavot, je le lui balance... Il passera sa meilleure du voyage !!
28 Avril 09, 06H00, greling greling du portable, ablution… 6H50, 436.482 km au compteur, je prends le volant, route à l’Est direction Chelyabinsk.
Superbe disque rouge vif surfant derrière les troncs de bouleau, déposant une lueur rose sur la neige. Nous passons à Ufa toujours sur la route M5. Le terrain continue à monter, le tapis blanc est presque uniforme, la terre regorge d’eau, les blés font place à la forêt, les petits bourgs traversés au loin sont moins affreux et espoir, un camion ramasse les tonnes d’immondices le long de l’asphalte. 9H00, arrêt un petit dej sympa, nous commençons à pouvoir choisir un plat et comme dirait Benoît, si tu veux varié ton alimentation, varie alors ton vocabulaire. Thomas partant marquer son territoire derrière une échoppe se fait rappeler à l’ordre. Daniel à la conduite maintenant sur une jolie route en forêt.
Il est 12H00, 300 km avalés ce matin, Irkutsk est encore loin !! Démarrage difficile du Chrysler. Thomas sort son Harmonica, il est musicien professionnel, c’est un régal ! Daniel au volant depuis un moment, trouve que la voiture « tire » moins fort. Il double un camion qui nous fait des appels de phare insistants !! Nous nous arrêtons sur le bas-côté, le moteur cale ; forte odeur de pneu brûlé, fumé blanchâtre au niveau de la remorque… La roue antérieure droite est contre la ridelle, un essieu semble tordu ! Pire, la soudure de l’axe de roue à est entrain lâcher. La circulation dense, la fonte des neiges occasionnent beaucoup de boue, le vent très fort. Daniel décide d’enlever la roue et de continuer ainsi ! quelque kilomètres plus loin, très forte odeur de pneu brûlé, fumée blanche !! Arrêt rapide le bas-côté est en surplomb donc sec, mais trop près de la route. L’autre moyeu de roue a carrément cassé ! Pas étonnant vu l’état de l’asphalte... J’installe le triangle maintenu par des bidons d’huile afin qu’il ne s’envole pas. Thomas explore les superbes sous bois de bouleau, Daniel à la super idée d’inverser un essieu afin d’arriver au moins à Chelybinsk, 50 km plus loin. Il s’y attèle avec Benoît.
Je profite de la pause pour travailler sur le clavier de l’ordi et prendre des photos. Les poids lourds passent près. Dommage, nous étions bien partis depuis ce matin et nous voici à 50 à l’heure maxi, roues de l’attelage dissymétrique. C’est l’heure de fermeture, nous arrivons dans une petite zone industrielle. De fil en aiguille nous trouvons un revendeur de remorque, fermé !! Nous passerons la nuit dans un petit motel repéré non loin. Une forte tenancière très « Maman » nous installe dans les toutes petites chambres. Daniel démonte le filtre de Diesel, Thomas, benoît et moi s’installons dans l’espace exigu de la pièce commune de l’unique douche, pour faire une séance de yoga un passant dans le couloir serait en droit de se poser des questions, nous sachant 3 la dedans à faire des respirations bruyantes !! Daniel remonte couvert de graisse et d’odeur du gasoil, Thomas est sous la douche. Notre chef mécano n’en peut plus, frappe à la porte et finit après un bon moment à se retrouver sous le filet d’eau... Froide maintenant... Bon dîner, serveuses, routiers, toutes sympathiques, nous attirons la curiosité, dommage d’avoir une telle barrière de langage malgré les efforts de Thomas. Ce sont les « Bénaï’s Dread » qui ont le plus de succès. Je me suis porté volontaire pour partager la « cellule » avec Daniel en souhaitant qu’il se maintienne au niveau sonore de ronflement des nuits précédentes ! Raté, une heure plus tard, j’aménage dans l’espace exigu de Thomtom et Bénaï !!
07H40, 29 Avril 09, je prends la porte en pleine tête, la voix du « boss », « debout là-dedans !» Petit dej, la patronne du resto se moque gentiment de nos difficultés de communication. 08H45, 437.059 km au compteur.
09H10, nous sommes devant le concessionnaire de remorques. Un gars sapé a quatre épingles d’un costume trois-pièces flanelle blanc cassé, sûrement le responsable des ventes, nous reçoit gentiment. Le patron d’atelier arrive, son regard est pessimiste, nous invite dans le bureau. Devant l’écran du PC, avec l’aide du traducteur de mot, il nous fait comprendre que pour avoir la pièce, il faudra plusieurs jours !! Daniel et moi discutons technique... Que pouvons-nous faire avec ce qu’il y a autour de nous !! Il a repéré des châssis de remorque, sort son mètre, petit conciliabule ; ça fera l’affaire avec un essieu plus costaud que nos deux essieux conçu finalement pour autoroute française ! Les techniciens sont d’accord avec nous et 595 euros plus loin, revenez dans 3H00 !! Un gars arrive avec une bouteille de Vodka, sur l’étiquette, en cyrillique, la marque en grosse lettre rouge est « Transit »… C’est pour vous les gars en transit, Paris Mongolie en passant chez nous, ça ne nous arrive pas tous les jours, ou un truc du genre d’après les mimiques qui accompagnaient les paroles !! Ils ont la manière ici !
Profitons de ce temps pour faire notre administratif sur le Net. En chemin vers le centre de Chelyabinsk, dans l’état du Chelyabiskaya ; je capte un réseau Wifi non verrouillé. Daniel se gare facilement sans la remorque, j’ai perdu le réseau et vais à pied sur le bon « Spot ». Bingo, je décharge mes mails, retourne à la voiture, manœuvre et nous voici tous sur le net, j’en profite même afin d’envoyer une série de photos de notre périple, pendant que nos inséparables Thomtom et Bénaï délire avec la vidéo et les jolies silhouettes qui défilent dans la rue. C’est la vessie pleine, le ventre creux que nous nous dirigeons vers un petit resto repéré par le flair infaillible de Daniel... Il n’avait pas tors... Borchtch et Galoubdtsoui comblent notre vide stomacal avec un plaisir non dissimulé. Retour à l’atelier, la remorque est prête !! Bon travail. Thomas et Daniel partent retirer des roubles, Benoît et moi chargeons la benne. À leur retour, nous allons régler la note, la porte du bureau s’ouvre, Thomtom et Bénaï tombent en arrêt net, bouche bée… La secrétaire !!! J’entends les salives descendre lourdement dans les gosiers, respirations lourdes, yeux vitrifiés hors des orbites... Non d’un chien, c’est vrai qu’elle « arrache » la meuf comme dirait un certain vous savez qui !! Photos de famille, Daniel la gorge sèche monte en voiture « mais comment une telle beauté peut vendre des remorques ??? » et nous voici, comme dans la chanson « …On the road again... » direction Kurgan, nous irons jusqu’où nous pourrons ce soir. Nous longeons la rivière Mias maintenant dans l’état du Kurganskaya, des forêts entières de bouleaux morts… Est-ce des zones inondables ? Surprise, des villages faits de petites maisons tout en bois, vides, sans âme, villes fantômes ; comme si tous les habitants s’étaient enfuis à toute vitesse, laissant tout tel quel !! ! Nous cherchons une raison ; est-ce l’effondrement de l’empire communiste qui aurait forcé les ouvriers agricoles à gonfler les bidonvilles des mégapoles ? En pleine réflexion, nous longeons de gigantesques digues abandonnées. Benoît nous ouvre les yeux « Ces digues sont trop abîmées pour contenir les crues » et vu l’apport d’eau à la fonte des neiges, nous comprenons vite pourquoi les villages furent vidés, allez savoir, de grès ou de force…
Route assez bonne, droite, bordée de bouleaux à perte de vue. J’en profite pour travailler avec mon ordi sur les demandes de safari reçues. Il fait encore bien jour, nous avons passé le croisement de Kurgan, direction Omsk ; finalement, nous n’avons pas perdu trop de temps avec le problème de la remorque… Nous continuons. 20H40, nous croisons une station-service et arrivons à un rond-point au milieu de rien, le paysage change soudain, Steppe, lacs à perte de vue. Tout droit, c’est la route la plus courte vers Omsk, mais passant plus de 300 km dans le Kazakhstan et nous n’avons pas les visas. Nous prenons la direction de Zavotoukovsk, la jauge de diesel est au dernier quart, la nuit tombe, les ventres réclament leur tribut… Autour, la Sibérie centrale, nous ne sommes plus sur un grand axe. Nous jetons notre dévolu sur le reste des baguettes rassies achetées à noyant…Même dures comme de la pierre, elles sont bien bonnes !
Daniel et moi, pilote dans l’âme, rentrons dans un « flip » carburant… Une panne sèche ici ne nous enchanterait guère, nous avons assez pour couvrir 150 km qui semble ici bien dérisoire !!! Demi-tour. Par acquit de conscience, nous appelons Ania en Mongolie, ayant déjà fait la route Paris/Ulan Bator. Eh oui, même ici, nous captons du réseau… Par chance, elle ne dort pas et nous confirme avoir été refoulée à la frontière Kazakh. Cela nous conforte pour revenir sur nos pas, faire le plein et trouver un toit. Minuit, nous arrivons dans l’immense banlieue de Kurgan, ne trouvons pas l’entrée du pont qui enjambe la large rivière Tobol. Le seul hôtel trouvé nous refuse… Petit conseil pour un futur voyageur en Russie, ne cherchez jamais un lit dans les villes, mais dans les motels le long des routes principales… Nous retournons sur la route, barrage de police officiel, car s’il n’y a que des hommes en uniforme, sans véhicules, au milieu de rien, de nuit, il ne faut pas s’arrêter. « Document Machine » Airs niais, « passez » ! 1H00 du matin, sur le bord de la route une gargote un peut « crad ». Pas graves, nous avons faim. La tenancière nous dit avoir des chambres... Nous allons voir… Un vieux wagon délabré, surchauffé du transsibérien, dans les cabines des lits, douteux au bout du couloir une « chiotte » exiguë à l’odeur difficilement descriptible… Il est 2H00 du matin, c’est tout de même mieux que dans le Chrysler et dehors, comme dirait Daniel, « Ça pince » ! Daniel aura un compartiment, il sera en compétition avec le ronflement d’un camion frigorifique parqué là pour la nuit. Thomas, Benoît et moi, nous entassons dans un autre compartiment en utilisant nos propres sacs de couchage vu les tâches suspectes sur la literie.
Au matin du 30 04 09, les réveils furent durs, j’ai mal au crâne et devons-nous marcher dessus pour nous lever. Dans la gargote aussi surchauffée, la télévision est à fond, pas de douche… Après une omelette grasse, nous voici en voiture, 437.765 km au compteur, je suis au volant, il pleut et pleuvra toute la journée. Nous reprenons la route, re-plein en ajoutant 20 litres de réserve dans la remorque qui tient le coup. Nous avons pris 240 km dans la vue. Le plan est de prendre direction Zavotoukovsk sur 12 km et bifurquer sur Ishim via Berdyuzh’e afin d’éviter de faire un trop gros détour. Bien sûr, nous ne trouvons pas l’embranchement afin de contourner au plus court la frontière Kaskh.
A Zavotoukovsk nous nous perdons comme dans chaque ville. Nous demandons notre route, un jeune homme essaye de nous expliqué, demande à Thomas de le suivre et va acheter avec ses propres deniers une carte du bourg, il refuse le remboursement !! Un autre nous dit de suivre sa voiture, il nous met sur le bon chemin !! Ils sont incroyables ici, nous ne nous attendions pas à cela au départ, nous appréhendions la Russie. Au fait, l’Ural est bien derrière notre route... Nous sommes en Asie !!! Déjeuner. Le paysage est monotone, gris, plat, steppe et forêt de bouleaux à perte de vue, une usine abandonnée ci et là. Thomas après nous avoir donné un long cours d’histoire passionnant, Daniel et Benoît se relaye au volant pendant que j’écris un Safari… Quel décalage !
Vers 20H00, un bar, une bâtisse, une station essence, nous faisons le plein pendant que nos inséparables compères se renseignent pour une chambre… Le vent et le froid rentrent sous la peau... Réservoir plein, vessie vide, pare-brise et phares nettoyés, le Chrysler piaffant d’impatience... Nos potes ne reviennent pas !! « Non d’une pipe, on n’est pas d’ici, faut qu’on trace », comme dirait un certain Daniel !Benoît apparaît, court vers nous et nous dit être tombé dans un guet-apens et disparaît !! The "big patron" donne un coup de Klaxon, les deux brothers précédant un bon Russe au non de Sacha, sortent hilares… Le Sacha en question, les entendant parler français leur a offert un verre… De Vodka !!
20H50, peut avant Omsk, nous trouvons sans problème au beau motel, douche, toilette, resto… Nous voyons de plus en plus des visages de type Kazakh. Je ne me sens pas dans mon assiette, fièvre et mal au crâne qui me vrille les tempes. Quelques mouvements de yoga, je rejoins le trio dans la salle à manger, je ne peux rien avaler. Mes potes de voyage sont adorables et toujours de bonne humeur ; ils feront tout pour me rendre la vie facile. J’en profite pour faire lessive et bonne douche chaude et m’écroule dans un profond sommeil. Les matelas sont solidaires des sommiers, Benoît s’installe à même le sol alors que nous avons de bons lits, afin de fuir la furie sonore de Daniel.
Ce matin du 01 05 09, état du Novossibirskaya... Ma tête est un étau. Petit-déjeuner, 438.566 km au compteur, il fait beau, paysage monotone, je m’endors. Direction Novosibirsk. Un arrêt police, nous devinons un excès de vitesse... Air de « nase » a l’unisson, de plus, nos deux inséparables se sont goinfrés de poisson séché, bonjour l’haleine.. « Allez-y »… Petit resto, Brochtch, c’est tout ce que je peux avaler. Thomas au volant, nous croisons des chevaux en totale liberté dans la steppe. Drôlement envie de survoler tout ça, nous allons-y arriver. Non loin de Chulym, près de la route, un énorme hélicoptère, impossible de résister, nous n’avons jamais vu une si grosse voilure tournante. La machine est abandonnée là, c’est incroyablement gigantesque, décalé, ici au milieu de rien ! Photos dans tous les sens, nous gravitons autour en totale admiration... Au loin, une voix nous fait clairement comprendre que nous n’avons rien à faire ici !!! Ok ok, on s’en va, Thomas tarde un peu pour des raisons purement digestives… Paysage assez monotone, the boss est ravis, nous avons bien avancé.
21H00, sans difficulté, un Motel, en face un resto. J’ai encore la tête en vrac… La serveuse nous dit qu’il reste 4.000 km jusqu’à Irskutsk ! Passage d’un moment de panique. Petit calcule des Méridiens sur notre carte à l’échelle trop petite… Grosso modo 2.000 à 2.400 km tout au plus !! Regard vers l’horloge du bar, tient, nous avons encore pris une heure dans la vue. Trimbalage matelas pour des raisons que vous connaissez maintenant tous bien. Petite lessive, douche et Dodo entassé dans la petite piaule...
Réveil matinal le 02 05 09 « HAPPY birthday Benoît » qui reçoit une avalanche d’oreillers. Il pleut, 3°C… Ça « pince » fort ! Je vais mieux et prends le volant.. 6H50, 439.306 km au compteur, tout est gris ! Sur la M51, nous passons Novosibirsk en se perdant comme à chaque fois aux alentours des villes et petit-déjeuner à Bolotnove, servis par une autre très jolie fille. Il pleut fort maintenant, 5°C, nous sommes sur une 2 voies qui comme d’habitude se terminent par un sens interdit avec des véhicules arrivant en face, croyez- moi, impossible de s’y habituer et bien sûr, re-perdu en cherchant la M53. Sur la bonne voie, mes 3 compagnons de voyage s’endorment. Le paysage change rapidement, je pense que nous avons pris de l’altitude, ça est là des plaques de neiges.
Enfin, sous les yeux, tout ce que je m’étais imaginé de la Russie depuis que j’entendais tout petit les récits de mon père y ayant vécu enfant et grand admirateur de cette culture profondément encrée dans son sang ! Ça y est, la toundra, la vraie, comme dans les idées reçues ! En plus, il se met à neiger dru dans un voile de brume… Je suis en plein roman de Stoltoï ! C’est superbe, j’adore. Daniel se réveille et en profite avec moi. Passage de la très belle rivière Tom, nous venons d’entrer dans l’état du Kemeroskaya indiqué comme d’habitude par un très grand édifice affreux de béton, clic-clac photos !
Daniel prend le volant, les panneaux indicateurs de distances sont impressionnants, souvent nous pouvons voir des noms de villes à plus de 3.000 km ! D’ailleurs, l’un d’eux indique Irskutsk à 1.820 km, ouf ! Je ne sais comment, nous nous retrouvons à Kemerovo ! Contrôle police, on devient rodé, je crois que l’air totalement abruti pas fini est maintenant tout à fait naturel… En somme, ce qu’ils regardent le plus est l’assurance locale et demandent toujours aussi « Documents de quelque chose comme Pretzel » en somme la remorque ! Si vous voyagez un jour en Russie avec une carriole, prenez-en une avec carte grise, ce sera plus facile. Par des petites routes, nous arrivons à rejoindre Marlinsk sur la M53 direction Achinsk. Un petit resto, comme à l'accoutumée tenu par de très jolies filles, Benaï et Thomtom ont le menton jusqu’au nombril, Daniel prend une place au champ visuel stratégique ! J’offre à mes copains, pour les 29 ans de « dread man », des autocollants du Kenya. Un regard à l’horloge mural. Nous avons pris une autre heure dans la vue, nous sommes donc dans l’état du Krasnoyarskaiy Kray. Benoît au volant, Thomas à l’harmonica ! Il joue dans un orchestre Russe / Tsigane et enchaîne les mélodies traditionnelles à tour de bras. Pour moi, souvenirs souvenirs, je revois les chants russes de mon paternel accompagné au piano par ma défunte mère. et comme d’hab. à chaque traversée d’un bourg... Nous nous perdons !
En chemin, nous croisons à plusieurs reprises la ligne de chemin de fer du Transsibérien. Début de soirée, Motel sur le bord de la route, une bonne cinquantaine de km avant Krasnoyarsk. Notre infatigable Thomas se renseigne… En revenant il annonce, « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle, je commence par laquelle ». A l’unisson « La bonne » ; « Nous avons un toit très propret », petit silence… « Il n’y a qu’une chambre de 4 !! ».
Il est déjà tard. Dîner de fête et fait rare ici, ce resto ne sert pas d’alcool ! Et Benoît qui voulait fêter son anniversaire. Alors, nous ouvrirons la bouteille de vodka de l’épisode remorque et comme nos voisins de table, selon les instructions du tenancier, la bouteille reste à même le sol entre les services...
Ce jour du 03 05 09, très dur réveil de la bouche de notre Daniel national « Debout bande de p’tit P…. », s’en ai suivi d’un « ta g…e » !! Il s’en est donné à cœur joie cette nuit… Thé, crêpes, omelette et 440.054 km au compteur... le plan est d’aller dans Kranoyarsk afin de se connecter sur le web. Entrée difficile de la périphérie. En chemin vers le centre, je capte un réseau non verrouillé, ça marche !! Assis sur l’escalier d’une pharmacie, nous faisons tour à tour notre travail administratif pendant qu’une petite dame d’un certain âge nous déplaçait afin de mieux balayer le trottoir ; des chauffeurs de taxi râlaient après notre voiture mal garée et Benoît s’achetait de la crème pour ses lèvres.Fin de matinée sur l’asphalte dans la toundra direction Kansk.
C’est après le déjeuner que les choses se compliquent, Daniel au volant, nos inséparables dans un profond sommeil et moi sur l’ordi pour mon travail de bureau. La route se transforme en petit chemin de boue, plus d’indication. Demi-tour, nous croisons un « taxi » local, Thotom brandit par la fenêtre l’ardoise, il vient d’y écrire Irkutsk en cyrillique. Le chauffeur s’arrête, clop au bec, grosse tête ronde au teint indiquant clairement qu’il ne tourne pas souvent à l’eau, après avoir essayé l’explication verbale, nous fait signe de suivre sa voiture ! Comme d’hab., adorable… Nous croisons ça et là des petits villages pauvres, aux maisons de poupée tout en rondins. Le chemin est défoncé, les indications aléatoires. Il se met à faire bon; des hauteurs, la taïga à perte de vue, c’est très beau. Nous passerons la nuit à Tayshet, dans un hôtel en travaux. Au fait, nous sommes entrés dans l’état d’Irkutskaya et bien sûr une heure de plus à la montre. Nous nous dégourdissons les jambes jusqu’au distributeur de billets à la gare sur la ligne du transsibérien.
Il pleut, Daniel s’en va garer la voiture avec Thomtom. Benaï et moi, entreprenons la manip matelas et commençons un peu de yoga ; la femme de chambre déboule en pointant un doigt accusateur la literie !? CQFD, il y a des caméras dans le couloir ! Je pointe du doigt la chambre voisine et j’imite grandeur nature, les vocalises nocturnes de, vous savez qui ! Sourire approbateur, sans insister elle s’en va. « Son mari doit ronfler » me sort « dred man » avec son œil malicieux !
Malgré l’heure tardive, nous trouvons un magasin. Faire nos provisions en Russe monopolise un peu la vendeuse. Dîner « chez Daniel » et chaque vidéo de surveillance de l’hôtel, agi comme une lumière sur nos deux insectes. La surveillante en bas, où elle se marre, soit pense tout haut « Bleyat » ces deux-là…
04 05 09, Le vent est violent. Dehors, non loin d’un poteau télégraphique, Thomas et moi voyons comme une grosse boule d’étincelles très blanches, virevolter !?! Cela me semble trop gros pour un court-circuit, où est-ce la matérialisation de cette fameuse légende, le « feu follet de la Taïga » ? Violent orage. Il fait froid !
440.751 km, 8H30, ventres pleins, voir même très plein en ce qui concerne Thomtom… Je suis au volant, sur la piste en plein cœur de la taïga, j’adore ! la de temps à autre, nous longeons les voies ferrées et croisons une belle route est en construction ! Dur de s’imaginer que nous sommes en Asie ! Je pique du nez, Daniel prend les commandes pendant que nos deux compères sont dans les bras de Morphée, confortablement installés en position couchée. Enfin de l’asphalte et un resto. La tenancière, une fois n’est pas coutume, n’est pas très coopérative. Direction Irkutsk, Thomas au volant, stop pour les pleins... D’état en état, nous notons pas mal de différence de prix sur le carburant.
Nous passons un court moment dans l’état du Ust-Ordynski Avt.Okrug et nous longeons la très large rivière Angara avant d’arriver à Irkustsk la nuit tombée. Daniel au volant, nous sommes tous à la recherche des indications « Centre ville », nous nous perdons un peu et par chance, au coin d’une rue, nous voici au plein cœur d’ une jolie grande place, un hôtel que l’on craint hors budget. Thomtom et moi allons demander... Il fait froid, il pleut. La réceptionniste, comme à l’habitude, se met en mille afin de nous indiquer un autre hôtel plus dans notre budget, mais qui s’avère fermé, nous passerons la nuit ici, il est déjà tard, non loin, un parking gardé et la marche arrière du Chrysler est réticente à passer ! Nous avons un peu de mal à trouver un resto ouvert et sans musique à faire péter les tympans. C’est finalement à notre hôtel même que l’on sera servi par une ravissante jeune femme et re-trimbalage matelas, je n’en précise plus la raison.
La mission de ce matin du 05 05 09 est de prendre nos visas Mongols. Il y a Internet à l’hôtel. Thomas, Benoît et moi, nous attelons à notre travail administratif et trouvons l’adresse de l’Ambassade de Mongolie. Quant à Daniel, il est en train de s’occuper de la marche arrière du carrosse. Et nous voici tous les quatre dans les rues bien sympathiques d’Irkustsk. Photos d’identité en main, nous montons dans un Taxi. Quelques tours du pâté de maisons, incompréhensibles et il nous dépose devant l’ambassade qui se trouvait à 3 rues de notre hôtel !!! 200 roubles la course… 50 fera ! Premier contact positif avec la Mongolie en ces bureaux ! Accueillis en Anglais et Français, visa en ¾ d’heure et 105 USD par tête compris les frais de dossiers rapides. Recherche cocasse de « laxatif » pour Thomas qui dans une pharmacie mime les effets du médicament recherché, nous, pouffant de rire, le tout filmé par Benoît… En somme, nous nous sommes fait gentiment jeter !! Daniel sort l’arme absolue, le téléphone mobile et nous voici dans une autre pharmacie à Irkutsk, Anya au bout du fil de Ulan Bator, en train d’expliquer à la pharmacienne que ce petit Français aurait besoin qu’une roue d’un semi-remorque lui passe sur le « bide » ! Bon café, les yeux, par mouvements compulsifs incontrôlés, font le tour du crâne… Dans la salle, les femmes semblent s’adonner à un contour d’élégance. Dans une rue piétonne de la ville, nous avalons un Kebab, il est 14H00, RDV au parking à 16H00. J’en profite pour retourner sur la belle place visiter les jolies églises orthodoxes et le bord de la rivière Angara. L’architecture de cette ville est intéressante ; vieilles maisons de bois et architecture contemporaine se marient bien sans trace de ces blocs affreux de bétons.
441.483 km au compteur, bien sûr, nous avons du mal à trouver la bonne route vers le lac Baikal. Nous demandons le chemin et comme presque chaque fois, une personne saute dans sa voiture et nous fait signe de le suivre, épatant. Arrêt refueling sur les hauteurs et achat d’huile moteur, la vidange se fait sentir. En chemin, Daniel et moi recevons une lourde nouvelle… Une amie, proche de Daniel est en train de vivre un cauchemar… En pleine montée derrière un camion, bruit de casserole dans le moteur style castagnettes de soupapes contre piston. Arrêt rapide moteur coupé ! Non !!!!!!!!!! Pas ça... Anxieux, Daniel et moi ouvrons le capot !! Ouf, c’est le boîtier du filtre à air qui s’est détaché ! Daniel n’est pas dans son assiette ; au loin, sur une superbe Taïga dense, apparaissent les sommets enneigés du Khamar-Daban Range, c’est très beau. Très longue descente, le Baikal tant attendu apparaît soudain et odeur de brûlé ! Bas-côté rapidement… Ça fume, les freins avant !!! Il faudra plus conduire au frein moteur avec la remorque qui pousse derrière. Nous continuons en testant le freinage de temps en temps, le lac immense, à moitié gelé, apparaît dans toute sa splendeur. Entrée dans le petit bourg de Kultuk, sur le trottoir, démontage des roues afin de vérifier l’état des freins. Thotom et Benaï, demandent où il serait possible de trouver un hôtel et reviennent avec un « Vladimir » tout à fait agréable, grillé par le froid et l’alcool qui me demande d’où je viens, bouteille emplie de vodka à la main. Africa lui dis-je. Air éberlué, il porte ses yeux de son flacon à moi plusieurs fois et le range dans sa poche intérieure rapidement avec une expression stupéfaite... Il a dû se dire « …Faut qu’j’arrête de boire, ça m’joue des tours » ! Il éclate de rire, me prend dans ses bras en Beuglant, Africa !!! Scène filmée par Thomas. Daniel et moi n’avons plus trop la pêche, nous pensons à notre amie. Recherche du toit indiqué. En demandant notre route et comme d’hab, quelqu’un saute dans sa voiture et suivez- moi. Nous passerons la nuit à Bajkalsk dans un vieil hôtel assez délabré, qui jadis, vu les restes, a dû connaître de belles heures de gloire. Daniel s’occupe de la vidange pendant que nous allons repérer un resto et se dégourdir les jambes sur une voie ferrée. Nous nous retrouvons tous à l’hôtel en s’amusant avec un chat très câlin, débarbouillage et nous voici au petit resto. A la table voisine, une bande de gais lurons. Durant le Dîner, notre voisin de salle nous offre à boire et nous voici assis tous ensemble, Thomtom nous quitte un moment, effet des laxatifs oblige, des compères sortis fumer dehors, récupère Daniel qui n’avait pas le cœur à la fête. L’un d’eux s’appelle Alexis ce qui a valu quelque « za zdarovyié » tonitruant, Anna se mit à chanter avec Thomas qui nous surprend avec son répertoire. Vladimir, Serjey, Shaha et les autres, tous les verres en l’air à la moindre occasion et Thomas de dire, « On est tombé dans un get happent »… Il s’échange bonnet contre casquette et Serjey d’offrir sa sharpka à Thotom qui lui offre son pull-over. Encore une fois, adorable ces Russes qui insiste pour faire la fête ailleurs, mais le cœur n’y est pas, nous rentrons.
Ce matin du 06 05 09, il fait très beau, notre Daniel n’a pas la pêche, 441.612 km au compteur, de la route, sur les hauteurs, entre les arbres, la vue sur le lac encore assez gelé est superbe. Nous n’y tenons plus, nous arrêtons la voiture et traversons à pied les rails du Transsibérien et passons un superbe moment au bord de l’eau couverte de paillettes de glace. Séance photo/film, l’eau est glaciale et dire que nous touchons le lac le plus profond au monde, 1.400 mètres si je ne me trompe. Nous en avions tous rêvé et ne sommes absolument pas déçus. Nous en profiterons bien jusqu’à Tanoj ; après Kamensk, traversons une belle Taïga, la belle rivière Selenga en direction d’Ulan-Udé.
Un peu avant d’y arriver, Daniel pile sur les freins. Notre 1° Yourte à 441.903 km au compteur.
Bien entendu, re-mic mac en périphérie de la ville, demandons le chemin et, bien entendu, une personne saute dans son véhicule… Suivez- moi !!
Il fait même demi-tour alors que nous nous arrêtons sur le bord de la route afin de savoir si nous avions un problème… Le filtre à diesel ! Daniel fut au volant toute la journée jusqu’à Gusinoozyersk en pleine Buriatie après un arrêt dans une gargote… Bouillon clair au morceau de mouton gras !!! Nous cherchons un toit pour la nuit, une femme Buriat monte en voiture avec nous afin de nous indiquer la route, nous aider à demander les chambres, trouver un parking gardé, ce à condition que nous la ramenions a son lieu de travail… Vraiment, d’Ouest en Est, sur notre traversée de la Russie, ce fut toujours la même spontanéité à rendre service, nous ne nous y attendions pas... C’est vrai qu’avec nos mentalités d’Occidentaux, le premier contact toujours un peu bourru peut nous sembler odieux. Autre point universel ici, nous n’avons vu aucun escalier à marches égales, aujourd’hui, notre hôtel bat tous les records… Tralala matelas et dodo.
Nous y sommes presque, aujourd’hui le 07 05 09, au compteur, 442.101 km ! Benoît le dos bloqué. Daniel et moi allons chercher le Chrysler au parking gardé. Le gardien nous demande le double du prix à cause de la remorque, je négocie à coup de chiffres dessinés sur une vitre sale du voyageur, d’ailleurs, elles sont toutes salles, et, la marche arrière que nous devons passer en ouvrant le capot ! Nous voilà tous, repartis sur une très belle route, à la recherche d’un petit-déjeuner que nous ne trouverons pas jusqu’à Nausk, la ville frontière. Déjà, gros changement de paysage… La steppe, je n’arrive pas à y croire, nous l’avons fait !!! Cela ressemble à un paradis pour parapentiste !!
De voir des chevaux en liberté totale dans cette immense nature… J’en aurai presque la larme à l’œil !
Le poste frontière mongol et 442.219 km !!!! 11.941 Km parcouru depuis le départ…
Sortie de Russie tout en douceur, sans complication, en s’amusant avec un chien errant bien sympa et Thomtom faisant le clown devant la responsable de l’immigration chargée de comparer notre visage à la photo sur le passeport. Entrée en Mongolie un peu plus chaotique... Faire la queue n’est pas dans les mœurs du coin, personnel douanier très courtois faisant toujours l’effort d’essayer de communiquer avec 3 mots d’Anglais. Près de 3H00 plus loin, nous voici en sol Mongol avec, une fois n’est pas coutume, 1H00 de moins à la montre !!! Nous sommes tous émus.
Photo et film du Chrysler passant sous l’arche de bienvenue et la steppe à perte de vue, direction Ulan-Bator... Photos du voyageur entre des chevaux paissant le long de l’asphalte, puis des chameaux aux longs pelages, des moutons, au loin un cavalier !!! Çà et là, un moulin à prière, une statue de Bouddha, des rubans accrochés à un buisson. Depuis le temps que j’en rêvais… Pince-moi !!! J’aimerais qu’Emma partage ce moment ! Seule ombre au tableau, ici aussi, ça balance les ordures par les fenêtres des voitures. Nos potes s’endorment, Daniel et moi restons silencieux, nous nous croisons du regard et à l’unisson "On volera ici". Perte de réseau de téléphone jusqu’à Darhan, et pas mal de stations de péage pour la route qui jusque-là est bonne. Traversée de la ville, j’en profite pour faire parvenir à Marina, arrivée il y a deux jours à Ulan-Bator, un SMS afin qu’elle nous réserve des lits à la guest house…
La route se dégrade, le paysage grandiose, oui, un ULM tous terrains, c’est ce qu’il nous faut...
C’est de nuit que nous arrivons à Ulan Bator, à 442.607 km au compteur, 12.329 km avalés depuis le départ. Coup de téléphone, Anya et Stéphane viendront nous récupérer! Conduire de nuit, avec une remorque, dans cette ville inconnue au klaxon facile, n’est pas réellement une partie de plaisir. Objectif N°1, se débarrasser de la carriole. Anya connaît la ville, nous trouve un parking gardé qui fera l’affaire. Heureusement, Marina s’occupe de Christian et nous nous retrouvons autour d’une table d’un resto chinois à dévorer les plats… Nous l’avons fait !! Pour Daniel, Thomas, Benoît, ce n’est que la moitié, le retour les attend avec Marina qui aura mon siège. Arrivée tardive à la guest house dortoir, nous y retrouvons, avec effusions, Marina et Christian, ça parle fort, du mouvement dans tous les coins, la télé à « donfe », des pièces surchauffées, une alarme voiture... La nuit fut agitée et pour une fois, ce n’est pas le ronflement Daniel qui dormira chez Steph et Anya.
Réveil difficile le 09 05 09, à 9H30 nous émergeons péniblement, il neige dehors. Petit-déjeuner avalé. Nous sommes en plein centre-ville, Thomtom à besoin de chaussure… Je m’attendais à une ville à l’architecture affreuse de béton gris, gros tuyaux rouillés de chauffage urbain, des cheminées à la fumée noire… N’oublions pas que la Mongolie fut le 2° pays communiste de l’histoire, ça laisse des traces architecturales. Eh bien non, nous découvrons une ville en pleins essors, bourrée de contraste ; bars chics, trottoirs défoncés aux plaques d’égouts meurtriers, mendiant, superbes 4x4, échoppes délabrées, immeubles de verre, marchés de tôles ondulées, centres commerciaux modernes. Nous trouvons des chaussures de marque aux prix astronomiques et d’autres vêtements tout aussi de marque à des prix dérisoires... De vrais faux !?!? Déjeuner italien. Direction l’équivalent des « puces », Le « Black market ». Courses de taxi au prix assez dérisoire, qui vaut le détour. Sur place, j’achète un « « Dell », vêtement traditionnel chaud et confortable que tout bon Mogol de la steppe porte.Marina voyant la qualité du vêtement s’en achète un aussi et le gardera sur elle ; inutile de dire que nous ne sommes pas passés inaperçus !!
De retour à la guest house, email, travail administratif et nous retrouvons Steph, Anya, Daniel à un café boulangerie Française afin de discuter de la suite. Lundi prochain à cheval pour une dizaine de jours.Pour la 2° partie, nous irons vers l’Altaï et le désert de Gobi. Quant à Daniel, il ira soutenir notre amie aux USA en passant par Paris afin de ramener des pièces pour le Chrysler avant de revenir ici, acheter sa Yourte et rentrer par la route en France… Incroyablement formidable ce type !! Soirée bien sympa dans un pub chic bondé. Un orchestre assourdissant, heureusement, il est employé pour 5 morceaux… Benaï et Thomtom tombent dans un guet-apens boite de nuit entraîné par Perrine, une Française, vivant ici depuis quelques années. Cette nuit fut meilleure, moins de monde à la Guest house.
Ce matin du 10 05 09, il fait très froid, quelques flocons de neiges, Marina s’atèle à l’ordi afin de trouver pour Daniel et moi les meilleurs vol et direction le « Black Market » sans Thomtom et Benaï rentrés fort tôt ce matin. Course de taxi rocambolesque, la conduite n’est pas tendre à Ulan Bator et gare aux piétons. Il se met à neiger assez fort, le froid est mordant. Daniel nous rejoint au « Marché noir », non sans difficultés pour se retrouver. La place vaut le détour, on y trouve de tout, les cuirs et les Antiquités sont vraiment de qualité. Nous cherchons des guêtres, pas facile à expliquer S ‘il fait ce temps-là, nous allons souffrir à cheval. Christian quant à lui, s’achète un poncho de l’armée Russe et Daniel d’admirer des fusils Chinois des 18 siècles. Nous retrouvons nos compères et nous achetons des bottes de cheval… Neige, vent, froid, nous rentrons et comme à l’habitude dans tous les pays du monde, bagarre avec les taxis et nous voilà assis, bien au chaud à la boulangerie Française, avant de s’attaquer aux courses.
Pour les 10 jours de cheval à venir ; ce ne fut pas une opération simple. Marina et moi avions l’air malin sur les trottoirs défoncés de la ville avec notre cadi plein à craquer !! Nous préparons ensuite nos bagages pour l’aventure qui nous attend et le soir nous nous retrouvons tous plus quelques Français vivants ici, pour l’anniversaire de Stéphane, le seul Guadeloupéen vivant à Ulan Bator.
Ce matin du 11 05 09, nous sommes presque prêt pour le RDV de 9H30. Daniel est déjà en vol vers les USA pour soutenir notre amie dans son épreuve, c’est vraiment un chouette type notre Danny national !! c’est finalement à 13H00 que nous partirons avec la voiture d’Anya et le bon vieux « UAZ » mini van 4x4 russe de Julien, direction le parc national de Terelj, à 70 Km au nord est de la capital. En chemin, nous achetons suffisamment de gaz pour les réchauds à cuisine que nous aurons durant les prochains jours. La région de Terelj est très belle de part sa variété de paysage, dommage, le long de la bonne route d’accès, trop de construction affreuse et théoriquement non autorisées… La Mongolie à la réputation d’être le pays le plus corrompu d’Asie Centrale, CQFD !! Traversée de la rivière du même nom que le parc et nous voici au camp de base. Julien nous présente nos guides, de solides Mogols aux larges sourires.Bataa, 24 ans, une boule de muscles, Sotoa, 32 ans et son inséparable « Marstra » le couvre chef des lutteurs Mogol aux couleurs pourpre doté d’une pointe savamment tressée de fil doré. Batbaïr, aux 2 incisives manquantes, 42 ans, un éleveur de chevaux ayant tout perdu durant le « Dzuud » d’hiver (pic de froid ou chaud) exceptionnellement dur de 1999 et 2001 ayant décimé les 2/3 du cheptel sur le pays. Nous aurons 13 chevaux, 7 porteurs et 6 de bât. Cette nuit nous dormirons dans une Yourte. Julien nous quitte en nous laissant du matériel de cuisine et nous décidons une « petite balade », qui durera 3H30, à dos de canasson !! Il fait froid, un ciel bleu, ce sera l’occasion d’essayer nos Dells ! Mon souci, observant les Mongols chevauchant « très court » est de trouver une selle avec des étriers pouvant se régler longs, réminiscence de ma formation de cavalier à la Garde Républicaine. Je conseille à mes compagnons de voyage d’en faire autant. Je craignais des chevaux encore trop amaigris par l’hiver qu’ils affrontent seuls, dehors ! Certes ils n’ont pas l’état idéal, mais sont assez fringants. D’emblé, je m’entends avec ma monture, un hongre de 11 ans, nommé Onger.
Cette chevauchée fut fantastique et restera gravée dans ma mémoire. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti une telle plénitude, la larme au coin de l’œil n’était pas loin !!! Nous avons tous eu cette offrande de bonheur si pur, si simple !! La Mongolie, pays fait par le cheval, pays du, avec un grand « D », cheval par excellence. Traversée de rivières, accueillit dans des yourtes à deux reprise avec thé salé et galettes , galops dans les prémices de la steppe, ciel pourpre, guidés par des hommes de cheval !!
Ici, le cheval n’est pas la plus belle conquête de l’homme mais la raison d’un peuple. Nos belles théories d’école Française ou Anglaise peuvent se rhabiller, la monte n’est que symbioses. chaque cavalier, quel que soit son niveau équestre, aura monture adapté à lui. Ces chevaux savent tout du métier, c’est eux qui savent, pas nous !! Par exemple, la seule expérience équestre de Thomas fut une découverte du pays durant 10 jours, il y a 7 ans. Benoît avait fait très épisodiquement un peu de manège et une classe verte d’une semaine durant son adolescence. Marina, une semaine de randonnée en Corse il y a 5 ans et Christian quant à lui, avait une petite expérience équestre remontant aussi à son adolescence et n’avait pas monté depuis plus de 10 ans. Tous avaient partagé en symbiose avec l’animal ce moment magique.
La nuit prend possession des lieux, j’essaye de me débarbouiller à la rivière, l’eau est glaciale.Marina et moi préparons une tambouile de patte, je charge le poêle à bois et nous nous écroulons pour une nuit à geler les os, interrompue par…. Des ronflements…. Émanent de Christian !!!! Certes timides comparé à ceux dont nous fûmes habitués ces dernières semaines.
Ce 12 mai 09, il est dur de sortir de nos sacs de couchage, bonne humeur générale à l’idée de partir utilisant le plus noble moyen de transport, petit-déjeuner, chargement intelligemment orchestré par nos guides d’expérience d’hommes nés sur le dos d’un cheval. La réserve de petits vins et de vodka ne leur ont pas échappé et nous nous demandions pourquoi, chargement fini, il restait une bouteille de rouge sur l’herbe ! Nous sommes prêt à nous mettre en scelle, Batbaïr lève le bras et nous fait signe d’entrer dans sa yourte, nous suivons docilement, précédé de Bataa et Sotoa. Toya, la femme de Batbaïr, ravive la flemme du poêle. Le bouchon saute dans les éclats de rire, un petit verre à liqueur est remplis du liquide rouge ; Bataa nous apprend les gestes pour apaiser les esprits de la yourte et d’offrande aux anciens et « cul sec » chacun notre tour jusqu'à ce que la lumière atteigne le culot de la bouteille… Yeeeehaaaaaa !!!! Ça commence fort !! Belle émotion de départ, nous prenons chacun nos repères avec des yeux de gosses... Ces chevaux sont extraordinaires !! C’est tellement bon, l’espace-temps disparaît, plus de 2H00 déjà ! Un petit galop, la steppe une yourte et nous voici bien au chaud, assis en tailleur et Handa, la maîtresse des lieux nous prépare un bon déjeuner en 2 temps 3 mouvements ! Bonne sieste, tous allongés dans l’herbe au soleil. Le reste de l’après-midi fut une superbe chevauchée au rythme de mélodieux chants Mongol dans des vallées sauvages jusqu'à Dawat Atek.La caravane s’arrête comme tout naturellement sur un petit surplomb au bord de la rivière Tereilg, au pied d’une superbe colline où nous montons notre premier camp, c’est superbe. Benoît, garçon au grand cœur, offre sa tante à Marina et partagera le toit de son grand pote Thomtom, il est vraiment agréable de partager cette belle aventure avec eux.Le soleil rayonne sur un fond d’air froid, chauffant agréablement la peau. J’en profite donc pour prendre un bain dans une eau d’une température à contracter les tissus humains !!! Marina en fait autant de son côté. Malgré les températures, l’air est très sec, les cheveux sèchent seuls rapidement.
J’enterre un petit mot écrit de la main de ma « fille » pour son anniversaire, là-bas, loin en Afrique Australe.
Et nous voilà tous réunis tout en haut de la colline à admirer un panorama à couper le souffle. De loin tout en bas, nos noms projetés du coffre de Bataa, résonne dans cette fabuleuse immensité…. C’est l’heure de l’appéro ! Sous un ciel pourpre, nous nous retrouvons tous, assis en tailleur autour d’une casserole mijotant sous la baguette de Marina et des gobelets de vodka vidés cul sec à la santé de celui qui nous manque, Danny, là-bas, déjà loin...
C’est sous une superbe voûte étoilée, un froid devenu soudainement mordant que nous plongeons chacun dans nos sacs de couchage jamais assez chaud pour de longues nuits à des températures trop négatives. Le jour pointe vers 4H00 du matin, le vrai sommeil se trouve vers 6H45, chauffé par les UV.
C’est donc tard que nous émergeons de nos brumes, ce matin du 13 Mai 09, couchage trempé de condensation, heureusement, dehors l’air est sec. Petit-déjeuner, empaquetage. Réunir à cru les chevaux fut un petit moment de bonheur. Au moment de sceller, le fougueux étalon noir de Bataïr s’est mis à « tirer au renard », a l’autre bout la demi-boucle se referme sur ma main, fraction de panique, Batbaïr hurle des No, No, No… À deux main, je parviens à détendre la prise ; j’avoue avoir eu peur ! Nous démarrons à 11H20, je prends la trop grosse vidéo de Marina pour ce genre d’aventure et capte des actions bien sympathiques. Nous débouchons dans une immense vallée, aux élégants doux contours, œuvre forgée, il y a 11.000 ans, lors de la dernière ère glaciaire de notre si belle planète.
Nous sommes au cœur de la chaîne de montagne Hentii, au loin, un de ses trois sommet Asranthairon à près de 1.900 Mts.
Nous croisons un URUKTUKCHODO, c’est un amas de pierres couvertes de rubans bleus à contourner par la gauche à son passage. À côté, une énorme pierre et si le passant désir tester sa force de résister aux éléments, il doit soulever ce très gros poids et faire le plus de tours possible dans le sens dextrogyre. Batbaïr fut le meilleur à ce jeu.Nos guides connaissent parfaitement bien la région, choisissent un endroit superbe pour un déjeuner au bord d’une rivière que nos incroyables chevaux traversent malgré la couche de glace toujours bien présente sur les bords ; ils savent exactement où mettre le pied, je n’en reviens pas ! À un passage difficile dans des tourbières profondes, Marina s’est pris un coup de pied d’un cheval de bât, plus de peur que de mal. Au passage d’un Soum, Bataa descend pour une prière en faisant 3 fois le tour de l’amas de pierre couvert de rubans bleus et nous passons un long moment à chevaucher dans de hautes végétations où juste le buste du cavalier dépasse. Nos guides sont impressionnants de conduire si efficacement les chevaux de bât libre, dans ces conditions. Ils ont même géré comme si ne rien n’était, un des chargements desserré, avec sac de couchage ballottant sur le flanc d’un cheval, bien sûr raide emballé dans cette broussille, faisant Petit Poucet avec tente, sac, vivre… Tout fut récupéré, seule victime, le blouson tout neuf de Thomas, en triste état !
Après 6H30 en scelle aujourd’hui, nous montons le camp au lieu dit Borirk à 1630 Mts d’altitude, un beau site au bord de la rivière Tirik Sanikotz. Bataa à peine pied à terre, de sa grosse voix jette un tonitruant « Marina » en faisant signe de sa main droite, imitant un couteau de cuisine coupant des aliments imaginaires posés sur son poignet gauche !! En voilà des hommes qui savent parler aux femmes ! Montage de tente juste au bord de l’eau courante, c’est très beau.
Je profite des derniers rayons de soleil pour prendre ma « douche » avec l’eau stagnante mais limpide d’un marécage à côté des flots trop glacials et arrive à temps pour l’appero vodka style local, godet cul sec chacun son tour jusqu’à la dernière goûte et succulent repas du cordon bleus arrosé de la dernière bouteille de vin rouge !!! Le coude est léger dans le coin, au deuxième soir en « Steppe », déjà plus d’alcool !!! Ça aidera pour la nuit froide, les températures sont bien négatives, même l’eau des bouteilles gèle sous la toile !
Réveil sous un soleil radieux ce matin du 14 mai 09, Christian le dernier à l’appel du petit dej ! Aujourd’hui, les chevaux Mongol m’ont épaté. Nous sommes monté jusqu’à une altitude de 2080 Mts, en pleine forêt de mélèze, comme dirait Christian, « hors de ce monde » ; descendu en traversant un glacier sur lequel nos montures savent exactement sur quelle couleur mettre le pied ou pas, en évitant soigneusement les taches bleutée qu’ils creusent du sabot afin d’y boire la poche d’eau. Moment photos, films, émotions, froid ! Bonheur partagé tous à l’unisson.Le plus dur pour eux reste à venir, près de 7 Kms de tourbière profondes, à demi gelées, entre des rochers… Jamais je n’aurais imaginé un équidé passer là-dedans…. Je comprends mieux la puissance de l’empire Mongol du 13° siècle, des guerriers durs, des chevaux incroyables !! En 1250, l’armée de Monke et Kublaï, petits-fils de Gengis Khan, comptait 300.000 chevaux, chaque soldat en possédait jusqu’à cinq, afin d’en avoir toujours plusieurs frais durant les combats. 7.000 hectares de pâturage, 4.000.000 de litres d’eau au quotidien était nécessaire. Ce sont donc les pâturages disponibles qui délimitaient le gigantesque empire Mongol s’étalant sur la même latitude propice aux maintiens des bêtes et durant le long voyage de retour, ils servaient de repas. Aujourd’hui encore, la moyenne alimentaire par habitant est d’un cheval par an ! C’est à Hongrigor à 1.900 Mts d’altitude que nous montons le camp sur un terrain très en pente en surplomb de la rivière…. Malgré l’eau toujours glaciale, Marina prend son « Bain », j’en fais autant choisissant l’eau stagnante,gagnant ainsi quelques petits degrés appréciable, Christian s’en va faire une petite marche, Thomtom et Benaï explorent les rochers en hauteurs…Tonitruant Marinaaaa de la bouche de Bataa… Elle s’exécute de bonne grâce et nous avalons tous une salade bien fraîche avec une soupe chinoise relevée.Au crépuscule, les rafales froides des vents d’inversions thermiques se lèvent. Venant de nulle part, un cavalier, fusil en bandoulière, un chien, une couverture, un cordage de viande séchée sous la selle et rien d’autre, arrive de nulle part… Comme dirait Thomas… Improbable !! Il se contente sans moucher de la salade, il semble se dire, « mais pourquoi diable ces fous bouffent ça cru !! », le reste de soupe paraît bien meilleur. Et nous plongeons littéralement dans nos duvets pour une autre nuit bien froide.
Il est dur de sortir des duvets ce vendredi 15 mai 09, le ciel est gris, le vent fort mais pas trop froid ! Démontage du camp, clairon double pour Christian qui se remet de trop de travail, le bras gauche en compote d’une chute au Kenya, il est parti en catastrophe sans avoir le temps de préparer ses bagages ! Vaisselle de la veille dans l’eau trop froide pour dégraisser, pliage du camp, lutte pour ne pas laisser nos ordures sur place, la conscience environnementale n’est pas dans les mœurs encore. Le paysage est très beau, quelques flocons de neige tombent. Thomtom à sur le dos sa petite veste seulement, Christian sort des chaussettes en guise de gants et je lui ai prêté un blouson supplémentaire. Le plafond descend vite, un froid polaire nous tombe dessus, nos guides lancent la caravane dans un trot soutenu, Bataa pousse sans cesse la jument, qui plus est en chaleur, de Marina.Il se met à neiger de plus en plus fort, les rafales redoublent, les tourbières de plus en plus profondes...Le sol blanchit vite, le bout des doigts de pied dans les bottes aussi !! Je suis vraiment heureux de l’achat du Delle ! Nina prise d’un besoin urgent saute de cheval au moment ou Batbaïr décide un demi-tour pour éviter la tourbière trop difficile, la pauvre, elle se retrouve à cheval sans avoir pu se soulager ! Cela durera 3H30, dans une dépression à l’abri du vent, nos guides mettent pied-à-terre et allument un feu tellement bienvenu et nous avalons notre déjeuner pique-nique, les pieds dans les flammes et l’hilarité générale sous les chants Mongol. Sotoa nous annonce essayer de passer la nuit sous un toit dur dans un refuge. Nous essuyons les flocons accumulés sur les selles et c’est reparti dans la tempête blanche, c’est sublime ! Thomtom, son petit gilet et sa chevelure blanche dos voûté est glacé jusqu’aux os et sourire aux lèvres !Benaî, aussi tout de blanc couvert, hilare, droit comme un I, Christian ses chaussettes aux mains ne passe pas inaperçu, Marina, au chaud dans son Delle, rebondit comme un yoyo sur sa selle, rallant avec gentillesse contre Bataa qui sans répit active sa jument inspirant à un rythme plus lent et je prends des photos les doigts gelés. Quant à eux, nos Mogols sont imperturbables. Un passage difficile, tous pied-à-terre, nos montures devront sauter seule, ce qui n’est pas le fort de cette race, un fossé profond de boue et de glace.Tout se passe bien jusqu'à « Princesse », le cheval de Christian, poussée sans ménagement par Sotoa, glisse et tombe dos en premier dans l’étroit fossé. Pincement au cœur, pour un court moment, je pense qu’elle s’est fait mal et sans y rien comprendre, elle arrive à se retourner et sortir du piège. Plus loin, après avoir passé un talweg difficile, nous entendons un cris… Benaï arrive, c’est Christian !! Il a fait une chute alors que sa monture esquivait la crevasse, sur son bras déjà malade ; la douleur semble intense... Bataa et moi le rejoignons, rien de cassé, mais il en bave !! Heureusement, sous cette tempête blanche, l’environnement est vraiment beau. Nos guides, comme par enchantement, nous amènent droit vers le refuge, ,je me demande comment ils arrivent à se repérer si bien dans de telles conditions !!! c’est une ruine !! l’idée de camper sous ces gifles glacées de vent ne nous enchante guère. Nous allons à pied au bord du superbe lac Hakiindoor à moitié gelé… Des chevaux, un autre camp, Christian n’est pas très bien, nous remontons en selle et trouvons un endroit magnifique à peut près à l’abri du vent et montons les tentes, 1.880 Mts. Impossible de se débarbouiller, la grève se met à geler ! Ce soir Bataa, Batbaïr et Sotoa nous ferons un bon repas type pot au feu à la Mongol.Christian va mieux bourré d’anti-inflammatoire et de soupe brûlante !
Nous aurons de la visite, 4 autres Français, accompagné de leur jolie interprète et de leurs guides aussi en rando à cheval.Ce fut un superbe moment autour d’un grand feu, Thomas à l’harmonica, Benoît nous bluffe de ses chants diphoniques malgré le froid, les puissantes et mélodieuses chansons Mongol reprise en choeur sous un ciel rougi du crépuscule tardif… Effusions d’adieux ! Le plus dur reste à faire, affronter la nuit par moins 15°. Vers 4H00 du matin, la tempête bat son plein sur les chevaux imperturbables.
Il est 9H00 du matin ce dimanche 16 mai, il neige toujours, tant pis, nous restons dans nos duvets, bonnet sur la tête. La bouteille d’eau a gelé dans la tente, idem de la condensation sur les sacs de couchage, il a fait moins 15 centigrades cette nuit ! Les rafales de vents poussent par paquet la neige accumulée sur la toile, un semblant de rayon de soleil, je prends mon courage à 3 mains au moins et ouvre les fermetures éclair du couchage et de la tente !! Dehors, glacial mais superbe, il neige moins fort !! Pas moyen de se verser de l’eau sur la figure, un bloc de glace, idem sur les bords du lac... Ce sera avec le tapis blanc... Au moins, on peut dire que ça réveil... Il est temps, 9H20 ! Clairon général, Christian, répond par des ronflements ; douleurs et froid ne font pas bon ménage. Nous apprendrons après son retour au Kenya, qu’il avait bel et bien le bras cassé ! En guise de petit-déjeuner, une soupe chinoise bouillante et très épicée, ça chauffe le corps par l’intérieur un truc pareil… Et nos Mongols, écoeurants, en manche courte, sourire jusqu’aux oreilles chantant à tue tête ! Il est temps d’arriver au « Shop » annoncé pour après-demain, les vivres commencent à baisser.
J’apporte le breuvage a Christian, plions camps et bagages, chevaux de bâts chargé par nos guides, cherchant partout sous les flocons, les « Otors » (Sangle ventrale d’amarrage des sacs latéraux). Marina décide de mettre son Dell, Thomtom est bien heureux d’avoir sur le dos son blouson Gortex en lambeaux, Benoît, double bonnet, Christian ma doudoune sur sa polaire et une paire de chaussette plus épaisse en guise de gants, nos guides égaux à eux même se moquant gentiment des « Chiou Chiou » timide de Marina (Les chevaux connaissent les ordres à la voix, crier « Chiou » équivaut en terme d’accélération à un coup de cravache) et nous voici parti vers 12H00, sous de violentes rafales de vents. C’est magique, les mélèzes de blancs vêtus, le lac gelé sur fond de tourbillons givré s’élevant à plusieurs dizaines de mètres, les montagnes, une lumière apocalyptique, les sous-bois sur des vrais bons chevaux… Jamais je n’aurais pensé qu’un équidé puisse mettre les pieds la dedans... Des heures de tourbières profondes, gelée, s’écroulant avec fracas sous nos poids... Des dévers de folies, des rivières aux bordures caillouteuse escarpées, des forts courants sur fond de grosses rocailles, les giflent de vent, les sous-bois denses… Un seul mot… Magique… Ils sont là, faisant leur taf comme de vrais professionnels imperturbables… Je suis tombé fou amoureux de ces merveilleux compagnons de voyage... Et dire qu’ils finissent leurs vies dans une assiette !! En somme, ce sont de très bons chevaux aux pieds de mule, de quoi rêver mieux ?!? Un peu moins de 3H00 en scelle, nous avons perdu de l’altitude au cœur d’une très jolie vallée dont je ne connais pas le nom, le blanc est épars, les vents tolérables, de l’herbe !! Pied-à-terre. Le plein s’il vous plait … Pendant une bonne demi-heure, ça broute, broute et broute… Nos montures n’avaient pas grand-chose à de mettre sous la dent la nuit dernière ! Batbaïr, me dit « Merhene » en faisant signe de la tante ! Déjà, le camp ? Je lui montre l’heure, c’est trop tôt, sinon, c’est sûr, demain sera une dure journée pour atteindre les fameux « shops » et la bouteille de vodka que Thomtom a perdue en jouant aux échecs avec Sotoa ! sûre que pour une carotte pareille, le but de la journée sera accomplit…Concession, Batabaïr nous fait remonter en selle, une demi-heure après, au bord de la rivière Haktoleibiltchir, re-pied à terre, re-signe de la tante... Je serais partisan de continuer au moins une bonne heure et demie, mais l’équipe aspire à du repos dans ce bel endroit à 1.730 Mts d’altitude, 1 voix contre 7, je m’incline, je sais que demain sera dur !! Il fait froid, de plus en plus même au fur et à mesure que l’astre solaire s’approche de l’horizon.Encore une fois, impossible de se laver, l’eau est vraiment glaciale, je me contenterai d’un débarbouillage grelottant de froid. Un fort « Marinaaaaaaa !!!!!!!! » surgit des profondeurs de la tante de nos Mogols… En somme, femme, aux fourneaux. Toute l’équipe s’y est mis, repas prévu, grosse salade au concombre, choux et tomate cerise survivante et grosse soupe !! Nous nous y sommes tous mis. C’est marrant, les canassons ne connaissent pas, ni carotte et peaux de concombre, leurs présenter ces aliments de couleurs, crée un mouvement de recul Bataa, devinant le menu, s’empare des légumes découpés et sans ménagement les met dans l’eau frétillante prévue pour le thé dans un éclat de rire général, sûr, nos guides ne subiront pas la « salade » !! Ce fut délicieux, tous bien au chaud, dans une humeur délirante, sous la toile des Mongols. Il est temps de rejoindre nos duvets, le froid est très vif, la voûte céleste superbe, nous avons l’impression d’être seuls au monde ; ici la Nature prend tout son sens, nous avons croisé si peu de monde depuis le départ. C’est finalement encore plus sauvage qu’en Afrique.
Cette nuit fut polaire, je me réveille le 17 mai 09, recroquevillé dans mon couchage, bonnet jusqu’aux narines, l’Intérieure de la tante ruisselante de condensation et les raillons de soleil dehors est un appel d’une offrande attendue. Petit-déjeuner des copieux reste de la potée d’hier soir. Nous sommes tous bien rôdé à nos tâches, récupération des chevaux, mise en place des harnachements. Tous les matins, mon Onger me présente son postérieur, oreilles couchées, dès qu’il me voit approcher avec la selle ; façon de dire clairement : « Fais un pas de plus et tu prends mes sabots dans la figure ! » Ce sera jusqu'à la fin, mille et une ruses d’approche. Et toujours la recherche des « Otor » ! C’est parti pour une matinée ventée, encore dans de la tourbière quasi impraticable dans de hautes broussailles, Thotom en profite pour travailler ses gammes à l’harmonica ou apprendre des mots de mongol avec son lexique. Enfin de la plaine. Il fait meilleur, le terrain descend. Pied-à-terre après 3H30. Déjeuner, pour montures et cavaliers, petit somme au soleil. « Chiou », c’est repartis à fond, d’abord un régal au galop, Marina à du mal à pousser sa jument, Bataa s’en charge !!! La pauvre, elle est ballottée dans tous les sens au trot et rebondit sur sa selle au galop comme une balle de latex en s’agrippant des deux mains, par le pommeau et l’arrière du siège afin de ne pas être satellisé, ce, toujours avec sourire et bonne humeur et sans chute… Chapeaux bas, car elle doit en baver tout de même !!
Je reste un moment avec Christian ne désirant pas aller aux allures vives afin de se préserver d’une mauvaise surprise.Un chargement d’un des chevaux de bât se défait, Thomas comprend la technique du trot assis ; Benaï, toujours aux anges, le tout bercé de mélodie Mongol des fortes voix justes de Bataa, Batbaïr et Sotoa. Je prends la grosse vidéo de Marina et me régal à faire des prises de vues tous lancés au galop ou « en se tirant la bourre » avec Bataa, bien sûre en suspension, tenant la caméra par son point d’équilibre en regardant l’écran et pas devant ce qui réserve quelques surprises, mais avec de tels chevaux, bien des choses improbables sont réalisables !!! En dessous 1.700 Mts, les yourtes apparaissent, la Steppe à perte de vue, les montagnes, la rivière, c’est indescriptible de beauté et pourtant j’ai envie de retourner sur les hauteurs, j’aimais cette quiétude sans présence de trace humaine... Les regards de nos guides s’illuminent, pointant du doigt une tache blanche au loin… « Shop » et l’on devine la forme d’une bouteille de Vodka briller dans les yeux… Ambiance de fou, j’adore !! Une yourte tout à fait normale, pas le moindre signe d’un magasin et pourtant nos y sommes, accueilli, assis en tailleur, thé salé et fromage dur comme de la pierre. La jeune femme tire de sous les lits des cartons, pain, eau, jus et d’un autre placard, la Vodka. Thom décide d’en acheter 3 afin de ne pas faire de jaloux. Femme plisse des yeux et dit n’en avoir qu’une. Ella à de la manière aussi, elle nous donne pour le petit-déjeuner une galette de pain faite maison, devant sûrement servir leur repas du soir ! Il part en moto pendant que nous montons le camp non loin de là à Tchunbaïng, avec 7H00 en selle aujourd’hui ; je savais bien que nous allions en baver ! C’est très beau, des pâturages entre de grands arbres, une rivière, un terrain plat à 1.614 Mts d’altitude ! Thomtom revient bredouille Bataa copie Benaï prenant sa douche dans la rivière bien froide, en se mouillant parcimonieusement le visage dans des éclats de rires, Marina en fait de même dans un coin caché des regards. J’en fais autant. Bien sure « Marinaaaaaaaaaaaa !!! »… Pendant ce temps, Benoît et moi faisons une petite séance de yoga sous les regards amusés de nos Mogols entre chevaux et une chienne adorable et c’est avec plaisir que nous avalons un bon repas bien arrosé en un temps éclair par la bouteille entière de Vodka. La nuit ne sera pas trop froide pour une fois !
Réveil bien sympathique ce matin du 18 mai 09, petit-déjeuner copieux des restes de la veille, Thomas et Batbaïr en sont à leur énième partie d’Echec, chargement chevaux et départ cool vers 11H00. Je me régal à filmer de beaux galops dans la steppe. En essayant une prise de vue en contre plongé, en équilibre sur un étrier, caméra presque au sol, mon Onger prend peur, part en ruades dans tous les sens… Juste le temps d’un rétablissement en cachant la vidéo contre moi, un étrier perdu… Je ne suis pas tombé, il était moins une !! Nous passons devant le « shop » où Thom était allé hier soir et nous voyant plusieurs à consommer, accepte de nous vendre 3 bouteilles... Nous continuons en bifurquant dans une étroite vallée qui ressemble au grand canyon, c’est sublime !! et débouchons dans une très belle clairière, une rivière, il est 15H00, pose déjeuner !! Qui commence bien sûre par un étranglement d’une des bouteilles de vodka vidée comme avant de la commencer!!!!.. Yeeeyaaaaaaaaaaaaa !!!! La deuxième dans l’hilarité croissante suit le même sort et jamais deux sans trois !!!! Nous voici, pour ainsi dire, très joyeux, les uns portant les autres pour des batailles de « petit cheval »… L’armée de Kubilaï pouvait se rhabiller !! Course de brouette… Pas facile de courir en portant par les tibias la « brouette » ou pire, galoper sur les mains, pieds portés, le tout avec une bonne dose de vodka dans le nez !!! Ce fut une belle rigolade et comme par hasard, il ne faisait plus froid du tout !! Frustré des bouteilles plus vide que vide, Thom, Benaï et Sotoa décident de réapprovisionner… Une autre pour tout de suite et deux autres pour les jours restants !! Le shop n’est qu’à une demi-heure en bon train à cheval !! Thom prend selle sur un cheval de bât, moins fatigué et les voilà parti dans un nuage de poussière !!! Bon, la pose déjeuner s’éternisera un peu !! 17H15, 3 silhouettes à l’horizon… Au pas !!?? Ils arrivent dans la clairière, notre Thomtom un peu pâle et penché, Benaî, Sotoa, l’air faussement railleur et…Pas de bouteille... La femme du « shop » avait décidé que 3 était suffisante, j’adore ce contrôle matriarcal, la Mongolie sans les femmes, serait à la dérive sur un flot de vodka !! Thomtom éprouve du mal à mettre pied-à-terre et dit…-« Je me suis vautré deux fois, monture fringante et étriers trop court ne font pas bon ménage !!! » J’examine sa clavicule !!!! Ouillllle !!! C’est bel et très bien cassé en « touche de piano », on y passerait la gamme !! C’est drôle comme d’un coup, les vapeurs d’alcool peuvent se dissiper… Il est stoïque, mais la douleur se devine sous ses sourires bon enfant... Je lui donne un anti-douleur puissant qui l’assomme un peu… Que faire ?!? Continuer ne nous semble pas raisonnable… Et la barrière de la langue sur un terrain inconnu !! Nos guides nous font signe d’une direction en disant « Machine, Machine… » Batbaïr disparaît au galop et revient 1H00 après. Nous comprenons qu’a moins de 2H00 de cheval une voiture !! Conciliabule… Benaï accompagnera Thomtom, guidé par Batbaïr et Sotoa. Je donne à notre blessé, 4 autres anti-douleur à prendre, si besoin est, toutes les 4 heures… Nous les regardons s’éloigner le cœur gros, dans le crépuscule… Tous les anti-douleurs seront avalés en moins de 6H00 !! Si nous avions su, nous serions tranquillement parti le lendemain matin… Nous apprendrons 3 jours plus tard qu’ils ont chevauché 6H00, de nuit dans un froid Sibérien, sur des montures exténuées, jusqu’à… Terelj !!! Notre point de départ !! et Sotoa était de retour au petit matin... Incroyable non ?? Pendant que Thom et Benaï étaient déjà à l’Hôpital à Ulan, Anya et Perrine les ayant rejoints en voiture chez Batbaïr dans la nuit !! C’est à Basringour, sur place, à 1.620 Mts d’altitude, que Marina, Christian, Bataa et moi montons le camp pour la nuit après une bonne douche dans la rivière très froide. Dîner moins joyeux qu’a l’accoutumé ; Christian semble aller mieux, mais son avant-bras est très enflé et dodo pour une nuit assez froide !
Démarrage pas trop tardif ce matin du 19 Mai 09, sans Batbaïr resté avec ses 4 chevaux, nous n’arrivons pas à savoir ce qui s’est passé ni d’obtenir des nouvelles de nos amis, barrière de la langue oblige ! Nous n’avons tous pas trop la pêche, il fait relativement chaud, les taons dérangent beaucoup les chevaux, ça et là des ordures. Je préfère la forêt, le froid, les hauteurs sans âmes qui vivent.Comme par enchantement, mon voeu est exaucé, nos deux guides quittent cette semi steppe lieu de passage, en bifurquant dans une jolie vallée boisée le long d’un torrent et prenons de l’altitude… Enfin nous laissons ces affreux taons, les chevaux vont mieux ! En plein bois, nous débouchons sur un très beau temple d’origine chinoise, abandonnée, quasi en ruine… Kunjisum, construit en 1217, laissé à l’abandon quand, au début du siècle, la Mongolie se brouille avec la Chine, puis les destructions massives des lieux de cultes en 1938 n’ont rien arrangé au lieu, dommage ! Bataa me montre un rituel de prière,je m’exécute en mettant dans la boîte à offrande une pièce du Kenya, elle y restera pour longtemps, cette pensée me fait plaisir et la dédie aux deux femmes qui compte pour moi, Emma et Cadia loin là-bas à la maison !! Nous profitons de ce lieu pour un petit pique-nique et nous sombrons tous dans une profonde sieste. Oups, il est 16H00, je réveille tout le monde, Christian n’arrive pas à lever son bras et nous continuons vers les sommets, c’est très beau. La jument de Marina n’avance pas très bien, Bataa la pousse de gros « Chiouuuuu ! » dans ce superbe sous bois dense ; Une branche basse devant elle, la jument ne ralentit pas, Marina se jette à terre sous les éclats de rire de Bataa ! Au sommet, nous débouchons sur de sublimes pics rocheux frôlant les 2.000 Mts ; nos deux compères, là-bas à Ulan, auraient adoré !
Après plus de 350km à cheval en Mongolie du 9 au 21 mai, nous avons découvert les déserts de Gobi et de l'Altaï du 23 au 26 mai... Les photos sont là, le compte-rendu suit...




























































































































































































































































































Ackwa